Jeudi 10 juillet 2008
"Si une personne qui pratique depuis 3 ans
Vous dit connaître le Taoïsme...
Fuyez !"
(Mon enseignant de Taichi à Montpellier)



   
    J'ai déjà commencé à parler du Taoïsme dans les articles précédents, mais je ne pourrais malheureusement pas aller beaucoup plus loin et pour cause, je ne possède pas une expérience assez longue et concluante du Taoïsme et des pratiques qui lui sont reliées pour pouvoir en parler plus ou moins longuement sur le blog. Cela ne m'apparaît pas très sérieux.
Je pourrais aborder le Taoïsme sous une approche purement théorique mais l'intérêt n'en serait que moindre.

Mais je tiens quand même à vous présenter mon approche du Taoïsme et de ces divers éléments. Nombreux d'entre eux ont été importé en France et dans tous les pays occidentaux, mais avec qu'elles déformations ?

Pour moi le Taoïsme est système complet qui comportent différents éléments auxquels il faut s'intéresser pour construire une pratique cohérente. Évidemment, il y a des affinités qui nous amène à nous orienter plus vers certains sujets que d'autres et les étudier en profondeur. Mais ce qui nous est parvenu est bien souvent malheureusement que des pratiques éparses et qui ne sont plus reliées entre elles, des pratiques isolées qui paraissent parfois s'éloigner de l'esprit du Taoïsme.
Il apparaîtrait une bonne chose d'avoir une pratique approfondie de plusieurs pratiques. Je vais décrire brièvement celles que je connais, peut être fourniront-elles une source d'inspiration.

Historique du Taoïsme

    Le Taoïsme semble avoir une origine remontant à un chamanisme primitif présent en Chine. C'est au fil du temps qu'il se serait développer puis mis en forme.
Ormis les dieux comme l'empereur jaune que l'on dit être à l'origine de différentes parties du Taoïsme, mais historiquement, on parle du Taoïsme souvent avec la création du I-Ching, une méthode divinatoire mis au point selon les écrits par l'observation de phénomènes et de leur régularité pour arriver à prévoir les grandes lignes et le courant des évènements., ainsi que les écrits philosophiques de Lao Tseu puis Tchouang Tseu et Lie Tseu.

Par la suite, le Taoïsme est étroitement mêlé à l'histoire de la Chine. L'histoire des royaumes combattants est complexe et on voit durant l'histoire de Chine l'apparition de héros, de combattants martiaux exceptionnels et tout ceci entre les guerres, le mélange des religions.
Le Taoïsme est passé par tout cela et a subit de multiples influences qui lui a conféré une certaine élasticité pour sa survie et la continuité, semblant passer d'un chamanisme à des pratiques martiales, à une religion, des pratiques de santé ...

Aujourd'hui, il s'étend bien plus loin que les frontières de son pays d'origine et sa présence dans les pays occidentaux l'a encore transformé du fait de son adaptation à nos cultures.
Nous essayons actuellement selon moi d'établir une transition difficile du Taoïsme. Les enseignents forment des occidentaux, eux-même ayant fait l'effort de transcription des expressions chinoises et de leur philosophie, diamétralement opposée à la philosophie dualiste occidentale.
Cela pose certains problèmes mais consiste en soi un défit à relever pour les générations actuelles, tout en ignorant ce qu'il adviendra dans le futur. Le Taoïsme que nous avons n'est pas et ne sera jamais celui de Chine, il en est un autre, différent.

Les perles du Tao.
    La cristallisation de pratiques censées nous mettre en accord avec le Tao se trouve au centre de ce que l'on nomme le Taoïsme, au début de la pratique en tout cas.
Le principe que j'ai pu dégagé de ce que l'on appel les perles du tao est un développement personnel global. Ce développement est permi par la pratique des différentes activités et disciplines, variées et complémentaires, vers un but qui reste flou.

Le Tao possède parfois des principes de voie vers la perfection, ou plutôt le perfectionnement de soi-même. C'est peut être une approche plus tardive du Taoïsme, différente du primitif, mais qui a exprimé peut être l'idée selon laquelle la vie pourrait être en elle-même une quête de perfectionnement et de travail sur soi constant et répété à l'infini.

1.La méditation.
Je l'ai déjà abordé avec le voyage du bouddhisme. Dans les pratiques taoïstes contées dans des ouvrages, il ne semble pas y avoir de distinctions entre la méditation de type zazen - la contemplation - et les autres formes méditatives comme l'on peut voir dans le bouddhisme tibétain.
Le Chan semble donc plus s'être orienté vers la contemplation mais comme je l'ai déjà dis, le bouddhisme et le taoïsme se sont mélangés et il est difficile parfois de les distinguer clairement. Les autres types de méditation ne sont parfois pas à proscrire car ils peuvent aider à arriver à la pratique de zazen pour des personnes qui ne verraient peut être pas l'intérêt d'y aller en premier, ou alors qui se trouveraient confronter à trop de difficultés.

2. Les sciences et la philosophie.
J'aborde cela ainsi mais il s'agirait plus du développement d'un "esprit scientifique". Mon enseignant de Taichi à décrit le taoïsme comme un "rationalisme animiste". Ce terme m'a plu car il est vrai que la taoïste semble mêler l'idée d'une profonde harmonie de l'homme avec la nature (ou en tout cas l'atteinte de cela)  et dans un même temps, l'approche par une logique précise et méthodique qui ont donné les systèmes de I-ching et de la médecine chinoise.
Dans ces livres, Deng ming dao décrit l'histoire de son maître et des enseignements qu'il a suivit. Et il souligne notamment l'étude comme une chose importante, l'étude des sciences et également des systèmes sociaux chinois comme le Confucianisme avec lequel les taoïstes ne sont pas censés être particulièrement en accord.
Par l'étude des sciences, en fait par le développement d'un outils mental respectable et d'un bagage culturel, on recherche un certains niveau de clarté (qui ne correspond à rien en un sens mais qui est nécessaire).
Un proverbe mentionne :  "Concentrez-vous sur l'étude, abandonnez l'étude".

3. Les arts.
Dans le taoïsme on entend souvent les personnes célèbres comme des musiciens, des peintres, des poètes, des calligraphes... Cela souligne l'intérêt porté pour le développement d'un sens artistique. Pas nécessairement d'un don pour les arts mais d'un intérêt minimum pour le domaine artistique et l'expression personnelle dans l'un de ces domaines.
Ce qui m'a étonné, c'est que les personnes que je connais dans le Zen ou même mon enseignant de Taichi de Montpellier possèdent ces particularités (les arts et aussi ce que j'ai mentionné dans la science), ce sont des personnes cultivées et très intéressantes, Yudo est linguiste, Mon prof de Taichi a un niveau de language assez soutenu. Il semble y avoir un équilibre assez instauré chez eux entre l'attention portée à leur corps et celle portée à leur mental. Je vois cela comme une chose très positive et également encourageante quand on les voit ainsi.

4. Les arts physiques.
Je met le terme d'art physique pour ne pas mettre celui d'arts martiaux car cela ne serait pas approprié. Les arts physiques pour moi consistent à rechercher une harmonie du corps dans son fonctionnement.
On parle beaucoup du sport mais pour moi il existe du "sport intelligent" ou l'on choisit les activités pratiquées selon bien sûr nos possibilités mais également en prenant conscience des besoins de notre corps au niveau des dépenses énergétiques, du développement de la masse musculaire, de notre souplesse, de notre activité nerveuse et au final de notre vie de tous les jours à côté.

On peut tous pratiquer du sport et je pense que cela est évidement conseillé sans que j'en parle sur mon blog (surtout que n'allez pas imaginer que je sois un dieu du sport... loin de là ^_^), mais il est vrai que les différents sports apportent des choses différentes et qu'il faut donc choisir consciemment ceux qui nous conviennent. Une musculature développée d'une manière non-appropriée n'est selon moi pas synonyme d'équilibre corporel par exemple.

Si je prends mon exemple, j'ai tendance à être attiré par l'énergétique et c'est je pense ce qui m'a orienté vers les arts internes comme le Taichi chuan et le Qi gong. Dans les arts externes, cela me manquait. De plus le Taichi renforcent mes genoux qui sont assez faibles chez moi.
J'agrémente cela d'exercice physiques basiques, d'un peu d'entraînement d'art martiaux externes (basique aussi) et des exercices d'assouplissement.
Ce n'est que pour donner un exemple bien sûr pas une référence.

5. La diététique.
On développe beaucoup la diététique aujourd'hui dans les pays occidentaux vu  qu'il y a une profusion d'alimentation et devant la grande notoriété des fast-food.
Pour les taoïstes, la diététique était très importante car notre corps-esprit prend ses sources dans ce que nous mangeons. On dit souvent que l'on est ce que l'on mange. En fait nous tirons toutes nos ressources des aliments absorbés, ils représentent une chose donc très importante.

En médecine chinoise, il y a trois niveaux de raffinement de l'énergie. Notre énergie originelle "Jing" tire sa source notamment des aliments. C'est notre Jing qui va ensuite est transformé et exprimé sous forme de "Qi" dans notre corps. Des problèmes au niveau de l'énergie "Jing" se répercutent donc par la suite sur le corps puis sur l'esprit ("Shen", qui est pour moi l'énergie nerveuse et mentale). C'est un tracé simplifié sur lequel je reviendrais si un jour j'en connais un peu plus mais qui peut montrer que la source de notre énergie personelle est très importante.

Une alimentation équilibrée est une très bonne chose mais les taoïstes ajoutaient également des aliments spécifiques pour chaque types corporels permettant de réguler et d'harmoniser l'activité de notre corps et des organes. Pour un renforcement et un entraînement particulier, des herbes précises étaient absorbées pour tonifier le Jing et sa transformation en Qi et d'autres effets à visées peut être plus "spirituelles".

La diététique pour les taoïstes souligne également que nous avons des types corporels différents (cela est mis en avant d'une manière encore plus évidente en Ayurveda) et que nous devons donc avoir une approche assez individuelle de notre alimentation conçernant certains aliments, même si dans l'ensemble nombres d'entre eux constituent une base commune.

6. La médecine.
La médecine traditionnelle chinoise (MTC) arrive en France petit à petit et commence même avec l'acuponcture à se faire une petite place dans le milieu médical occidental.
Mais pour les taoïstes, elle est une partie essentielle pour s'occuper de leur santé et de celle des autres, pour comprendre le système énergétique du corps humain et pour travailler sur la longévité.

Même si chacun n'est pas médecin, il est bon d'avoir des bases de compréhension de son corps et du fonctionnement corporel, comme nous cherchons par l'introspection à se connaître soi-même.
Des bases sont généralement requises de plus pour aborder les arts martiaux internes comme le Taichi ou le Qi gong.

La médecine chinoise traditionnelle, de ce que j'en connais, utilise beaucoup les massages, les auto-massages, la diététique, la pharmacopée (dont nombre d'herbes ne sont pas autorisées en France), les moxa et ventouses et, dans un dernier lieu lorsque cela est nécessaire, l'acuponcture (l'équivalent presque de la chirurgie pour nous si l'on pouvait comparer).

7. Le feng shui.
Le Feng Shui, cet art que l'on commence à mettre dans les catalogues Ikea pour faire vendre des armoires, correspond en fait à la géomancie pratiquée en France dans les campagnes depuis le moyen-âge et sans doute bien avant encore (la vouivre chez les druides s'y rattache je crois).

Le Feng Shui c'est prendre conscience qu'il existe des courants "énergétiques" (nous sommes nous même ce genre de courants) et que nos habitations ne peuvent donc pas se construire de manière anarchique mais plutôt en harmonie et équilibre avec les forces telluriques, avec notre environnement.
Lorsqu'une habitation est construite, la même chose à lieu, l'intérieur est parcourue de différents flux auxquels il faut s'adapter (ou qu'il faut adapter...).

Nombres de choses du Feng Shui sont éparpillées dans les croyances populaires (dormir la tête vers une direction cardinale, un puit bouché perturbe les énergies...) mais il faut alors les ré-apprendre. Connaître son environnement et essayer de trouver un certain équilibre avec lui me semble être une chose assez taoïste.

8. La sexualité.
La place de la sexualité aujourd'hui est encore je trouve quelque peu ambigüe et l'on ne sait pas toujours sur quel pied danser dans notre société. Pour les taoïstes, la sexualité est quelque de naturel et il n'y pas lieu d'en faire tout un plat.
Les deux opposés ont apparement été vu selon les sectes : l'abstinance ou alors l'intérêt pour la sexualité.

Le premier semble avoir une visée spirituelle, considérant que l'acte en lui-même provoque une perte de Jing et donc une énergie perdue pour le développement personnel. Cela n'apparaît pas comme un interdit mais plus comme une motivation et un choix personnel.

L'autre approche prend en compte que l'activité sexuelle elle-même est créatrice d'énergie, un peu comme une forme de gymnastique, et que les différentes positions ainsi que des manières de procéder précises peuvent aider conserver une bonne santé et être en forme.
Ce qui est intéressant est que cette approche de la sexualité est très ouverte comparée à ce qu'elle a pu être pour nous en occident avec l'église. Les femmes ont tendance à être considérées comme l'égal des hommes dans le taoïsme et les méthodes sexuelles ont donc été destinées autant aux hommes qu'aux femmes.
La seconde chose que j'ai noté est qu'il est intéressant de voir que l'approche de la sexualité comme n'étant pas nécessairement "allant de soi" mais nécessitant apprentissage et découvertes.
La notion de plaisir dans l'acte sexuel en lui-même est mis en avant malgré l'ancienneté des pratiques, ainsi Les techniques sont destinées à faire atteindre l'orgasme aux deux partenaires (voyant l'orgasme comme une source d'énergie potentielle et transformable en quelque sorte) et à prolonger ceux-ci, provoquer un seuil ou celui-ci reste plus ou moins constant pendant une période, différencier l'orgasme de l'éjaculation pour l'homme, des exercices de musculation pour les deux sexes et de la connaissance et la compréhension du sexe de l'autre pour les deux partenaires. Il y a une recherche d'une harmonie du couple et de l'atteinte d'un équilibre pour une profondeur et des apports bénéfiques pour les deux personnes.

L'approche de la sexualité taoïste et de ce que j'ai pu en comprendre aurait tendance à privilégier une relation de couple stable au vue d'un développement de la sexualité qui ne peut pas se faire avec un changement de partenaire intempestif. Cela résulte aussi que leur approche englobe une approche du couple plus globale que simplement la sexualité (oui ça ne sautait pas aux yeux dans ma description ^_^).

9. La magie.
oulaaa ! Nan mais qu'est ce que je fais à mettre cela dans les perles du Taoïsme ?! Et bien oui le Taoïsme avant était d'une portée plus chamanique que celui qui s'est exporté. Mais moi, j'ai fait mes premières armes en magie et en ésotérisme avant de m'orienter vers le Bouddhisme et le Taoïsme.

Il serait quand même bien ingrat de ne pas la mentionner car la magie reste présente parmis nous, qu'on le veuille ou nous (lisez les livres sur la sorcellerie en France de nos jours...). La plupart du temps, cela consiste en plusieurs domaines :
- Des superstitions infondées qui n'ont aucune réalité mais auxquelles on continue à croire (Nan j'ai pas dis Dieu rooo tout de suite !)
- Des superstitions qui ont des connotations réelles mais qu'il n'est pas possible de prouver ou qui ne constituent que des évènements exceptionnels et peu communs que l'on ne peut pas étudier.
- Des porte-bonheur et fetishs dont la réalité d'action n'est pas vraiment prouvée et qui constituent des croyances personnelles parfois plus généralisées et mises en forme (litho-thérapie par exemple)
- Des techniques que l'on utilise sans trop comprendre les fondements (tirant souvent vers l'auto-suggestion, hypnose involontaire, passes énergétiques...)
- Des techniques comprises dont la réalité est contestée ou remise en question mais qui restent sur des éléments pas nécessairement exceptionnels et compréhensibles (Tarot, Astrologie, Runes...)
- Des techniques relevant des dons incontrôlés (voyance, rêves prémonitoires, magnétisme)
- Des techniques contrôlées qui ne sont cependant pas étudiées ou prouvées par la science. Cela reste rare mais pas inexistant.

Les Taoïstes utilisaient les pierres par exemple ou des parchemins pour le Feng Shui, destinés à influencer les énergies. On voit également des expériences chamaniques, des divinités, rituels et d'autres choses ressemblantes lorsque le Taoïsme a pris la forme d'une religion.



    Il y a peut être des perles que j'ai égaré... si c'est le cas je rajouterais à l'article ^_^  Cela trace un portrait je pense approximatif de ce que peut constituer le taoïsme et qui vous apparaît peut être plus (pour ceux qui ne connaissaient pas) comme un système global regroupant et reconnectant de nombreuses choses.

Aujourd'hui, à l'heure de l'universalisation et de la mondialisation, il peut prendre différentes formes et se mêler à d'autres pratiques qui au final ne sont pas éloignées, voir presque la même chose comme le Yoga par exemple. Le Tao n'est pas limitatif, le taoïsme ne l'est donc pas non plus. Le pratiquant doit simplement arriver à se construire un système personnel cohérent pour le développement de soi-même.


Dams


Ps : déménagement et pas d'ordinateur à ma disposition ces derniers temps... D'où la lenteur des articles à être publiés ces derniers temps. En même temps j'ai une excuse, c'est les vacances ^_^
par Hezekiel publié dans : Taoïsme
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Vendredi 6 juin 2008
"Toute ma vie j'ai voulu être quelqu'un.
Maintenant je sais que j'aurais dû être plus précis."
(Jane Wagner)








    Cet article ne va peut être pas sentir bon le "bonheur" et le "bien-être" à plein nez pour une bonne raison, je vais essayer d'aborder succinctement mon approche du fonctionnement mental. Et la caractéristique qui en ressort souvent reste pour moi que le fonctionnement mental est généralement assez froid, dans un sens de "dépourvu d'émotions", méthodique et calculateur.
Ca commence bien vous allez me dire...
Mon approche du fonctionnement mental comporte aussi une bonne part de notions qui pourraient aller vers l'ésotérisme car de manière tout emmêlée, le chamanisme et l'ésotérisme permettent généralement d'aller vers un court-circuit de ce fonctionnement (aux risques et périls de chacun...). Je serais peut être amené à en faire quelques références.


Tout d'abord, ne nous écartons pas trop du sujet. L'autre chose aussi que je vais aborder va encore être la condition de ce noyau individuel que l'on pense toujours a priori avoir.
Commençons par cela. Nous pensons être une individualité et que celle-ci génère une personnalité particulière qui en émane. Mais si cette individualité n'existe pas, notre personnalité, nos réactions fasse à des évènements extérieurs et d'autres personnes, d'où proviennent-elles ?

Pour moi, tous nos fonctionnements proviennent de ce que j'appelle les fragments.
Ces fragments sont de multiples bulles qui composent notre personnalité et qui sont construites avec nos expériences, les inspirations extérieures (intérêts, personnes...) et tout ce qui passe dans notre vécu. Un fragment peut être très bien une chose qui va s'exprimer dans notre personnalité comme une bulle de refoulement qui n'apparaîtra pas mais dont l'action sera bien présente.
Ces fragments, nous n'en avons pas nécessairement conscience puisque nous pensons en tant qu'un tout unifié et non pas justement fragmenté. Vous pouvez imaginer que le fonctionnement entre ces bulles sont différentes réactions, chaque chose se passant affecte des bulles en particulier, pas nécessairement toutes, et ces bulles communiquent entre elles et possèdent une rétro-action les unes envers les autres.
Ce qui donne nos réactions face à des situations sont les résultats du dialogue et de la confrontation entre les différentes bulles.

Nous n'avons donc pas selon moi une personnalité unifiée car émanant d'un noyau unique d'individualité mais de multiples fragments qui sont liés entre eux et qui interfèrent entre eux pour donner l'impression d'une personnalité mais qui n'est en fait qu'une illusion, sorte d'hologramme fait du multiples faisceaux lumineux.
Notre personnalité "connue" et admise n'est la plupart du temps que le résultat de l'imposition de certains fragments de manière répétée que l'on appel des habitudes. Nous avons des réponses de plus en plus conditionnées à mesure de leur répétition. Certains fragments deviennent si faibles dans la balance mentale que leur actions deviennent rares), et qu'ils ne peuvent plus que s'imposer dans très peu de circonstances.
Je parle ainsi mais dans l'image, il est très rare qu'un fragment agisse seul. Ce qui fait pencher la balance serait plus les associations de fragments, leur nombre influençant les choses.
Ces fragments ne sont jamais figés, notre activité mentale est comme une sorte d'énergie très volatile et mouvante, constamment changeante ou presque. C'est l'orientation de ces énergies et de ces flux qui modélise nos pensées les plus concrètes pour se dé-construire ensuite et ceux dans une activité sans fin.

Cette approche de l'image des fragments pose plusieurs questions (je vous vois venir...).
Tout d'abord qui pense dans ce cas ? C'est une question assez piège puisque le qui amène vers une réponse qui voudrait signifier un noyau. En fait pour moi il n'existe pas quelqu'un ou quelque chose qui pense, il existe un constant déplacement du centre même de la pensée à travers ces fragments et dans ce mouvement mental perpétuel.
Mais ces fragments ne sont rien d'autres que les trames qui influencent l'expression de cette énergie qu'est le mental. L'influence des différents fragments amènent différentes pensées mais également différentes manières de penser et de percevoir la réalité qui nous entoure...

On parle souvent de subjectivité. Mais en fait pour moi il en existe plusieurs pour chacun.
Pour simplifier quelque peu, un jour j'ai fait pendant une semaine un exercice dit Taoïste (peu importede quoi il vient...). Il consistait à sortir de chez soi, faire un chemin précis, arrivé à un endroit décidé à l'avance, prendre le premier caillou que l'on pouvait trouver.
Ensuite, je rentrais, je regarder le caillou pendant 5 - 10 min selon ce que j'avais envie puis j'allais le reposer.
Le lendemain, je faisais la même chose et ce pendant une semaine... Autant vous dire, j'avais du temps à perdre ^_^
Figurez vous que chaque soir... la pierre était différente ! Un soir je la voyais très brillante, assez jolie, le lendemain je ne voyais qu'un caillou sans intérêt, le jour d'après un caillou assez curieux si on le regardait bien... Et ainsi de suite.
Du jour au lendemain, alors que "matériellement" parlant elle n'était pas susceptible d'être significativement différente, et pourtant chaque jours, j'aurais presque pu dire qu'elle n'était pas vraiment la même pour moi.
Il existe déjà une influence des sens sur nos perceptions, les états de consciences peuvent intervenir dans certains cas et au-delà de ça il y a encore la question du fragment par lequel on traite l'information.

Il y a parfois des choses où l'on a du mal à avoir l'impression d'être en accord avec soi-même, ou des réactions que l'on va avoir mais que l'on pensait peut être ne pas pouvoir avoir, des pensées personnelles qui nous dérangent nous-même.
Ce regard complètement instable envers le caillou, nous avons exactement le même lorsque nous nous observons nous-même. L'observation intérieure va dépendre du fragment par laquelle elle va être effectué, comme si un fragment pouvait observer la structure globale à laquelle il appartient, mais jamais lui-même. Pour l'observer, il est nécessaire de changer de fragment (qui ne pourra plus s'observer lui-même du coup).
En fait, cela nous amène à une chose importante : nous ne pouvons pas nous connaître nous-même. Et là... ben c'est le drame.
Que je sorte que l'on n'a pas de noyau individuel... bon sa peut passer encore. Mais alors qu'il est impossible de se connaître soi-même, et que c'est peut être un point essentiel justement dans la connaissance de soi, là s'en est trop !

On peut se définir, savoir comment on est, mais il y a une certaine part d'illusion. On ne peut en fait, dans une connaissance de soi, que se baser sur nos actes, qui semblent être les plus précis dans l'expression de ce que nous sommes.
Mais ces actes que nous faisons ne nous conviennent pas toujours et nous avons une fâcheuse tendance à se mentir à soi-même... Notamment parce que l'on ignore le fonctionnement qui conduit à la réalisation de ces actes, les raisons et la trame qui a donné lieu à un tel acte.

    Le mensonge à soi-même est assez récurent dans ce que nous sommes. Nos fragments possèdent des liens de communication et une certaine combativité entre eux, ce qui créé un dialogue intérieur constant.
Ce dialogue est nécessaire, en tout cas il me semble être normal dans un état où nous ne sommes pas réduit à l'état de légume.
Notre système intellectuel est pour moi avant tout un outil de survie. C'est son rôle d'analyser les données qui nous proviennent de nos sens, de les comparer, de retourner dans tous les sens pour arriver à déterminer les solutions et les attitudes à adopter les plus correctes pour assurer sa propre survie (les situations d'urgences ne rentrent pas forcement nécessairement dans ce cadre j'entends bien). Une pensée unie et unique ne nous servirait peut être pas à grand chose puisque sans opposition entre plusieurs éléments, des dynamiques réflexives n'apparaîtraient pas. On sait que nous avons deux parties dans le cerveau mais au-delà de ça, je le vois comme ces milliers de fragments entretenant des interactions, des points de vues différents, un microcosme de nos situations de discussion et de communication avec d'autres personnes en somme.
On passe d'une vision d'un système intellectuel et d'une personnalité unie et unique à une vision d'une myriade de fragments, comme un ciel étoilé, communiquants entre eux. Un peu comme d'une dictature à une démocratie ^_^

Pour je ne sais quel raison, au-delà de cet aspect de survie, il semblerait que nos capacités intellectuelles nous ai poussé à nous demander ce que l'on pouvait bien chercher à garder en vie.
L'instinct de survie est une chose assez mystérieuse pour moi et qui semble provenir de la vie elle-même. Et cet aspect assez automatique et peu compréhensible, j'ai presque l'impression que nos capacités intellectuelles ont essayé de l'identifier pour y trouver la réponse dans ce que nous connaissons tous : l'âme ou l'individualité.
Il y a eu peut être une sorte de conclusion utilitariste pour rendre crédible à la pensée le fait de sa propre utilité, comme si pour mieux assurer sa survie, notre système intellectuel avait conclu qu'il fallait nécessairement quelque chose de concret à vouloir protéger et garder en vie.
Et il semblerait peut être que cela soit une source de tous le mal-être, les incompréhensions et les incohérences qui nous perturbent généralement. Mais beaucoup trop de fragments reposent sur l'idée du noyau d'individualité pour que quelqu'un puisse d'un seul coup casser toute sa structure mentale et saisir le sens du non-moi. Il faut permuter de nombreux fragments, petits à petits, pour que la balance de cette croyance puisse un jour se modifier réellement, que nous puissons voir la question du "moi" autrement...


Lorsque nous pensons en terme de fragments (et les bases éronnées de l'individualité sur laquelle ils reposent), les incohérences deviennent alors quelque chose de normal. Tout ne va pas ensemble et certaines contradictions et paradoxes peuvent apparaître en nous du fait de l'action de divers fragments.
Nombres de nos actions et de moments de mal-être proviennent alors de l'activité de fragments  qui raisonnent à essayer de valider et de tester l'existence de ce soi.
Et c'est là que le système intellectuel ne possède pas en lui-même d'émotions et de sentiments car il agit méthodiquement (même avec des contradictions) pour avoir des réponses et prouver des choses.
Que l'on s'en prenne à notre image de soi, à notre corps (puisque de manière utilitariste il apparaîtra comme une chose à part de nous même), notre équilibre mental (culpabilité, remords...) ou même aux autres, ce n'est peut être que l'expression de tests de fragments ou le résultat d'une opposition entre plusieurs d'entre eux pour valider ou invalider certaines choses.
Et comme la plus importante, car à la base de beaucoup de choses, et celle dont nous pressentons constamment malgré nous que quelque chose ne tourne pas rond, nous nous en prenons à notre corps qui symbolise le plus notre individualité, nous nous auto-détruisons (puisque que si nous pouvons nous détruire... C'est bien qu'il existe quelque chose à détruire...), nous nous enfermons dans des cercles de pensée négatif, nous pouvons devenir violents etc... Et l'on peut développer cela dans des habitudes à chaque fois que les conclusions entre fragments arrivent à des questionnements sur la nature de nous-même et d'un besoin régulièrement répété de se prouver son existence (de manières multiples et souvent inconscientes) jusqu'à ne plus savoir trop la source ou la raison de tout ceci.

Tout cela est uniquement possible par le fait que notre mental est froid et calculateur. C'est un outil de survie qui fera tout pour la survie, ce qui passe par résoudre les problèmes et les équations, trouver la réponse parfois de la manière la plus absurde et désespérée qui soit du point de vue du sens même de la vie.


Mais tout n'est pas désespéré pour ce bon vieux système mental... Ce qui sera l'objet d'un prochain article sinon celui là va être trop long...


Dams


Ps : dur dur d'écrire un article avec la migraine ! Je le précise au cas ou sa serait peu compréhensible des fois, je le retravaillerais dans ce cas  ^_^
par Dams publié dans : Reflexions
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Dimanche 1 juin 2008
"Tout ce que tu souhaitais vouloir accomplir c'était moi !
J'ai la tête que tu voudrais avoir,
Je baise comme tu voudrais baiser,
Je suis intelligent, je suis adroit,
Et par dessus tout...
Je suis libre sur tous les plans ou tu ne l'es pas."
(Tyler Durden - Fight club)






    Encore Fight Club ? Nan mais il y a de l'abus là ! ^_^ Cet article constitue la suite du précédent car il concerne toujours l'idée d'une définition apriori de l'existence d'un noyau individuel, d'une âme. C'est dans cette optique que s'élabore une approche de nous-même que nous considérons souvent être un regard extérieur mais qui ne s'avère être qu'une construction mentale basée sur l'application de ce "je".

La construction d'une image de soi est automatique et on la pense naturelle. En fait, il y a une différence entre l'image de soi et la connaissance de soi.

L'image est purement mentale et se trouve être basée sur une dualité entre mental et corps. On a l'idée de ce que l'on aurait envie d'être comparée à la vision de nous-même dans un miroir par exemple ou dans nos actions et nos capacités. Dans cette première approche, on ne cherche pas à connaître son corps mais à avoir un a priori dessus ainsi qu'un jugement de valeurs.
Cette optique est une vision fermée de nous-même basé sur de simples croyances en le fait que naturellement et dès notre naissance, nous avons notre corps et vivons avec sans avoir besoin aucun de le découvrir et de faire l'effort de le connaître. Il y a une approche mentale de domination de notre propre corps comme une enveloppe dans laquelle nous sommes sans l'avoir choisi, quelque chose qu'on nous a imposé et avec lequel on est obligé de faire malgré nous alors que nous pensons que l'on pourrait avoir tout autre chose de bien mieux...
Il y a là une scission entre le corps et l'esprit qui n'a pas lieu d'être et qui provoque un gros problème personnel pour chacun d'entre nous.

La connaissance de soi est tout autre chose. Il faut déjà prendre conscience de la nécessité de découvrir et chercher à comprendre notre corps, et que cela n'est pas une chose que nous avons automatiquement à la naissance.
A partir de là, nous devons prêter attention à notre corps. Un jugement critique est exercé par notre activité mental, mais ce jugement de valeurs, même si il peut être dépréciatif et faussé, change d'orientation du fait qu'il reprend une place plus correcte : celle de la curiosité, de la recherche de compréhension et de l'analyse. Ce qui tombe bien puisque notre cerveau est excellent dans ce domaine.
L'approche d'une connaissance de soi amène donc à porter un intérêt à son propre corps. Cet intérêt est un vecteur pouvant amener à percevoir son corps non plus comme un objet imposant dans lequel on se retrouve malgré nous enfermé mais d'accéder à une approche utilitariste.

L'approche utilitariste, dis comme ça, donne une connotation assez négative mais cela ne l'est pas autant que lorsque l'on reste sur la simple image mentale de nous-même.
On peut arriver à l'idée que notre corps est un outils. Un outils quand même bien pratique puisqu'il nous sert à nous incarner dans ce monde.
Quand on pense à notre corps, on le pense peut être surtout face à un miroir, ce qui dans notre tête, même si nous n'en avons pas conscience met en lien direct l'image mentale que l'on a en confrontation avec une image momentanée et faussée. Faussée car notre corps n'est pas une simple image dans un reflet mais une interface complexe, vivante et extrêmement réactive à notre environnement et à des influences multiples.
Mais ce corps on peut aussi essayer de le penser dans toutes les activités qu'il nous permet de faire. Sans lui nous ne pourrions pas réaliser ce que nous aimons faire. Plus loin, sans lui nous ne pourrions avoir les plaisirs de la vie (les souffrances aussi... mais c'est une autre histoire), nous ne pourrions pas avoir de sensations plaisantes.
Si le corps était une machine qui permet à notre mental de s'incarner en actions, alors il faut arriver à être malin... Si nous n'entretenons pas ce corps, nous serons de plus en plus prisonniers de celui-ci, si nous ne l'éduquons pas et essayons pas d'apprendre à mieux nous en servir, nous resterons toujours insatisfait alors que nos possibilités sont grandes malgré l'opinion que l'on peut avoir de nous.
Si il tombe dans des dysfonctionnements, nous ne pouvons plus profiter de la vie. Si il n'est plus apte à recevoir correctement les milliards de sensations, nous ne pourrons plus éprouver des satisfactions et ressentir le plaisir de voir de belles choses, d'écouter de la musique, de se bouger, de goûter des gourmandises, de sentir des parfums, de toucher quelqu'un...
Alors en partant de cela, ce point de vue utilitariste est forcement une chose plus avantageuse si l'on y réfléchit. Au lieu de rejeter son corps et de le répudier ou de rester insatisfait continuellement de celui-ci en restant sur notre image négative... Autant essayer d'en tirer le meilleur parti. Cela pourra nous amener à avoir de la compassion pour notre corps, à ne plus en être insatisfait et peut être même à bien l'aimer pour ce qu'il est au final.
Essayer toujours de faire le mieux possible avec ce que l'on a, sans abandonner avant même d'avoir essayé.

Enfin, Il faut bien se rendre compte que en réalité notre corps et notre esprit sont tous deux une fiction. Corps et esprit ne sont qu'une seule chose et on ne peut établir de distinction entre les deux, même si on a tendance à penser que le cerveau est le siège de tout cela. Mais si l'on réfléchit, le cerveau est une simple partie de notre corps... et l'influence que le reste de notre corps à sur lui est loin d'être sous-estimable, quoi qu'en pense le mental. Les imbrications entre le cerveau et le reste du corps sont enchevêtrées selon moi à un tel point qu'on ne peut tout bonnement pas établir les distinctions, à part celle assez basique du fait que le cerveau est mis physiologiquement à part des autres organes.

Donc au final, c'est toujours un regard en rapport à soi même que l'on exerce par l'intermédiaire d'une partie de nous-même : notre faculté critique. Et notre croyance en notre noyau dur d'individualité, en cette âme immortelle et parfaite, n'inclut pas la possibilité de quelque chose que nous n'avons pas choisi créé à partir d'autres choses qui existaient avant nous. Ce corps quand on le regarde, nous rappel irrémédiablement qu'il y a quelque chose qui cloche dans notre approche de la vie et de nous-même. Si j'existais avant la création de ce corps, que j'ai choisi d'être dedans... pourquoi j'ai choisi une telle merde ? C'est tout simplement parce qu'il n'y avait rien avant qui a choisi et que nous sommes un élément d'apparence unique formé à partir d'autre éléments et que la vie entière est faite ainsi.
Mais ce n'est pas négatif ! C'est cette association non-déterminée qui créé une telle diversité à partir de peu de choses, c'est cette diversité de la vie qui en fait sa beauté et au final en fait sa perfection.
L'image de soi reste le problème d'une confrontation entre notre mental qui veut construire son concept de "perfection" et l'appliquer au monde qui l'entoure, alors que se propre monde contient lui-même sa propre "perfection", face à laquelle celle du mental est ridicule et sans défense et cela ne nous plaît pas...

En résumé rapide ^_^
Je regarde mon pied... Mais c'est laid un pied ! Tiens mais je peux le plier... je peux même croiser mes doigts de pieds ! Pis il me sert à marcher, à courir, à donner un coup, à me faire masser le pied... En fait on peut faire plein de choses avec un pied peut être ?! (je vais passer pour un fétichiste là non ?!)
Je regarde mon pied, non en fait je me regarde moi... En fait, je regarde même une partie de moi car ce pied est relié à la cheville qui est lui-même relié à ma jambe...


    Pour finir je vais aborder rapidement ce chapitre sous une autre optique.
Il y a trois axiomes importants dans l'édification de l'image de soi. On les retrouve dans le Bouddhisme sous le fait des trois caractéristiques de l'existence : L'Impermanence (anicca), la Souffrance (dukkha), Non-ego (anatta).

L'impermanence s'attaque à un autre a priori que l'on possède. Je trouve cela marrant quand Yudo me dit qu'il est étonné des fois en se regardant dans la glace car il n'a plus le physique de ces vingts ans, comme si son mental avait conservé une image de soi-même de cet âge en omettant le temps qui passe.
En fait, nous pensons que nous possédons le même corps toute notre vie alors que en un sens il n'en est rien. Celui-ci est composé de milliards de cellules qui meurent et qui sont renouvelées à des durées variables. L'ensemble des cellules qui vous composaient à votre naissance sont-elles les mêmes que celle qui composent votre corps aujourd'hui ? Je n'en serais pas si sûr.
Puisque nous ne sommes pas conscience de toute l'alchimie qui s'opère continuellement dans notre corps, notre mental prend le raccourci de se baser sur le fait que d'apparence, le corps reste une chose qui ne change que très peu toute la vie. Cela nous donne l'illusion d'une permanence de notre corps, de sa continuité durant toute notre vie (continuité qui existe belle et bien dans un certains sens puisque nous ne changeons pas nos traits principaux) alors que celui-ci se renouvelle continuellement et n'est au final pas similaire d'une seconde sur l'autre...

La Souffrance, que l'on peut traduire aussi par l'insatisfaction, est le point qui élève les Bouddhistes au rang d'association de suicidaires dépressifs se regroupant le week-end pour déprimer devant des murs...
Il ne faut pas aller chercher bien loin pour expliquer Dukkha pour moi. Certaines des personnes lisant ce blog me disent parfois qu'ils ne sont pas d'accord avec telle ou telle chose.
C'est là une expression de Dukkha pour moi, une chose essentielle dans la vie c'est qu'elle ne nous plait pas toujours, qu'elle est contrariante, que c'est chiant, qu'il y a constamment des problèmes à résoudre, que ça ne va jamais comme on veut, que l'on ne peut avoir tout ce que l'on a.
Si c'est si simple, on peut se demander pourquoi cela est noté dans la philosophie Bouddhiste... Bien tout simplement pour rappeler à notre mental que l'illusion qu'il existe une vie (ou manière de vivre ou ce que vous voulez) où n'existerait plus ce facteur... Et bien c'est du pipeau !
La vie sans Dukkha, ben y en aurait tout simplement pas. Si il y a vie, il y a Dukkha...

Je sais que l'on va penser que je dis l'inverse des nobles vérité ou il y a le chemin vers la cessation de Dukkha. Dukkha est encore et toujours un concept. En vrai dukkha n'existe que dans notre tête pour le définir. Ce que l'on définit comme Dukkha, les animaux par exemple le vivent aussi mais cela ne leur pose pas de problème existentiel. On parle de cessation de Dukkha dans le Bouddhisme pour parler d'une cessation de nos problèmes existentiels face à cela, pas de la cessation de la chose en elle-même.
Ha vous croyez que le Bouddhisme allait changer le monde et faisait devenir certains des sortes super-héros ? Ben non... Il existe déjà les Comics et les super-productions du cinéma américain pour ça. ^_^

Enfin reste le Non-ego. Celui-là c'est pas de la tarte. On pourrait l'expliquer simplement par ce que je répète toujours comme la non existence d'une âme immortelle ou d'un noyau dur d'individualité.
Mais c'est tellement dur de sortir du schéma mental qui fait que même si l'on ne croit pas à l'âme, on transpose le concept différemment (notamment pour certains pour qui la psychologie à pris la relève...) alors que c'est la même croyance à peu de différences.
Yudo emploi l'image d'un oignon. Vous pelez un oignon et enlevez les différentes couches et au final, une fois toutes les couches enlevées, il ne reste rien.
La plupart du temps on se demande dans ce cas, même si l'on veut bien croire que le noyau n'existe pas, comment fonctionne le mental ? Si il ne tourne pas autour d'un noyau d'individualité dont tout émanerait, comment fonctionnons-nous ? Comment peut-on avoir un regard intérieur ou même un regard de soi ? Je tenterais d'exprimer mon point de vue sur le sujet dans un autre article (je suis vachement vendeur dis donc... Achetez le prochain numéro, vous verrez y aura plein de bonnes choses !  Je propose aussi des abonnements à l'année... ^_^).


    Maintenant, je vous laisse le soin d'observer ces trois caractéristiques de l'existence et de faire les rapprochements que vous pourrez avec la construction de l'image de soi. Peut être pourrez-vous observer des incohérences dans cette construction reliées à des conceptions erronées. C'est malheureusement souvent ainsi, ce que l'on appel l'illusion et l'ignorance (pour rester dans le Bouddhisme ^_^) qu'il faut constamment chercher à démêler...
Ces articles préparent justement d'autres articles, notamment sur le Taoïsme, et qui nécessite un gros élagage (encore et toujours) pour une bonne compréhension. Ce qui est en un sens aussi le but de ce Blog, amener à réfléchir sur tous les concepts qui fondent notre vie et justement leur bien fondés ou non, ainsi que la confusion qui peut en découler malgré nous.



Dams


Ps : Article spécial... Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaiiiiireuuuuu ! Le Blog a un an !  ^_^


par Dams publié dans : Reflexions
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Samedi 31 mai 2008
"- Qu'est ce que tu lis ?
 - Je lis un article écrit par un organe à la première personne...
    Tiens écoute ça : Je suis le bulbe rachidien de Jack
    Et sans moi Jack ne pourrait pas réguler son rythme cardiaque,
    ni sa tension, ni sa respiration... Et y en a plein des comme ça [...]
- Oh putain... J'attrape le cancer, je suis Jack !"
(Dialogue - Figth club)







    Je suis désolé d'avance pour le début de cet article, mais Fight Club étant un film que j'adore et dont la synopsis se prête particulièrement bien dans certains cas à certaines de mes idées, il est amené, comme ici, à revenir sur le tapis de ce blog (surtout en cas de suite de l'article ^_^).

Aujourd'hui au menu, nous avons en entrée l'identification, un met délicat qui éveillera vos papilles neuronales au plat principal que je ressers à toutes les sauces, qui dans le cas présent porte le nom d'individualité. Bon appétit bien sûr !

L'identification. J'emploie ce terme pour faire référence à nos pensées sur la nature de ce que peuvent être les sentiments et les émotions qui nous traversent.
Durant notre vie et d'une manière variée et infinie, nous sommes amené à expérimenter encore et encore des phases émotionnelles diverses, plus ou moins intenses mais toujours bien réelles. Cela ne semble s'arrêter qu'à notre mort, une personne sans émotions ni sentiments semble n'être qu'un cadavre.
Parfois, on peut en avoir marre de ressentir toutes ces choses, ou au contraire avoir envie de retrouver ce sentiment que l'on a eu à un moment et de le garder pour toujours.
Mais dans notre vie émotionnelle, bien que l'on ne sache pas trop définir la nature de ce que sont les émotions (et sentiments), elles semblent s'écouler comme l'eau d'une rivière, et même si nous souhaitons parfois les contrôler, les refouler ou avoir une action sur elles, exercer un pouvoir de domination de notre mental, nous n'y arrivons pas ou peu, et lorsque l'on croit y réussir les retours de flamme ne sont que plus dévastateurs, à l'image d'un barrage qui céderait sous le poids de l'eau accumulée, l'homme ayant pensé naïvement avoir réussi à stopper l'eau.

Dans la symbolique (pour me la jouer un peu charlatan ésotérique ^_^), on a tendance beaucoup à associer l'élément eau à l'état émotionnel et sentimental.
En fait même si l'on ne sait pas très bien ce que peuvent être émotions et sentiments, j'associe leur apparition à quelque chose de très fluide. L'important n'est pas nécessairement de déterminer d'où elles surgissent, on pourrait dire de notre esprit mais la médecine chinoise à tendance à associer les états émotionnels au fonctionnement de l'organisme et des organes (même si on ne peut nier l'importance des évènements extérieurs sur l'apparition de celles-ci), mais plutôt la place qu'elles représentent pour nous.

Cette place semble être celle de l'identification. Naturellement, on a tendance à s'associer à nos émotions et employer des phrases comme "je suis triste", "je suis joyeux" ou "je suis énervé". Je parle ici des émotions mais en prenant un cercle plus large, aimer quelque chose est une émotion, avoir de la répulsion pour quelque chose en est une également.
Lorsque nous vivons ces émotions, nous nous définissons par elles. Elles incarnent ce que nous sommes, elles sont la représentation de notre "moi". On emplois le terme de "je" pour finir par ne plus se rendre compte de ce qui se passe réellement.
Ce qui se passe, et ce que l'on voit depuis notre enfance, c'est que l'on ressent une émotion et que l'on peut la voir sur quelqu'un d'autre. De ce fait, l'émotion n'est pas un fluide qui s'écoulerait tranquillement, mais on la fait devenir une expression de nous-même.
Par exemple, la tristesse va devenir quelque chose de reconnaissable en tant que tristesse et cette catégorie de la tristesse va devenir une référence de notre individualité. A ce moment là, on ne ressent plus mais on est triste.
Je ne joue pas sur les mots, je joue sur l'approche individuelle que l'on a de nos émotions.

Le fait de se dire que l'on est triste amène à se demander : qu'est ce qui est triste ? (je l'ai déjà dis ça dans d'autres articles hein... ^_^). Mais cette question, c'est le cul-de-sac qui nous emmène nécessairement vers l'idée d'un noyau dur, d'une partie qui ressent cela.
C'est insidieux car dès l'instant où l'on peut dire que l'on est triste, cela signifie que nous avons conscience de la tristesse qui nous traverse, que nous la percevons. Et la percevoir nécessite qu'une partie de notre cerveau analyse l'état émotionnel que nous avons qui observe, catégorise pour dire "là... je suis triste."
On peut dire cette phrase puisque notre manière de penser est basée sur la croyance en une individualité pure (une âme ?), donc nous faisons dans notre analyse, et ce de manière automatique, un raccourci en disant que "je suis triste".
Dès lors, les émotions et le fait de les ressentir nous amène à légitimer notre croyance en notre l'individualité . Après le "je pense donc je suis", on joue également sur le "j'ai des émotions donc je suis". On s'identifie complètement à notre émotion car celle-ci est censée nous définir. Et il le faut pour maintenir la croyance en notre individualité. Malgré nous, nous allons inconsciemment rechercher la création de ces émotions car elles peuvent nous donner l'impression d'exister, en fait nous donner l'impression et un confort dans l'idée de l'existence de notre noyau "je".

Mais au final tout cela n'est pas réel. Dire que notre tristesse ou nos joies ne sont pas réelles... C'est nul. En fait, c'est parce que ça fait trop bien de l'écrire comme ça, c'est pour ça que je le fais. En réalité, c'est la manière dont on interprète et dont on vit nos émotions qui nous éloigne de ce qu'elles sont.
Avec une autre approche, on peut se rendre compte qu'il n'est nul besoin d'associer une émotion ressentie au fait qu'elle nous définisse pour la ressentir. Peut être même que l'émotion serait mieux ressentie en ce sens.
Les émotions semblent être comme des flots, nous avons tendance à tout vouloir figer et cristalliser dans l'idée inconsciente d'avoir un noyau individuel dur et stable. Stable dans le sens où ce noyau conserverait les marques et les souvenirs de toutes les émotions vécues (et les évènements liés), marqués à tout jamais dans la pierre.
Alors que si l'on prend la symbolique aqueuse pour nos émotions, elles sont une chose très fluide qui s'écoule et que le mental peut refléter et laisser s'exprimer si il est calme et équilibré. On voit souvent l'image de la lune (les émotions) qui se refléterait parfaitement dans le lac (le mental) si celui-ci était calme et sans vagues. En cas de  mouvements, de vaguelettes, le reflet de la lune s'altère jusqu'à ne plus être reconnaissable, et confuse.

Si l'on inversait les choses on pourrait dire qu'une émotion s'exprime par l'intermédiaire de notre personne, un peu comme des sortes de possessions à une échelle mineure. On est possédé par la joie, la tristesse, la colère...
Mais ces émotions ne font que passer, ce sont des choses transitoires comme la pluie et le beau temps. Et après l'averse, lorsque vient le soleil, le ciel bleu ne possède plus la moindre trace du mauvais temps.
Je ne dis pas qu'il ne reste aucune trace ou séquelle des émotions que nous ressentons après leur passage (on sent encore "l'odeur" de la pluie même parfois quand le soleil revient et les nuageux peuvent mettre du temps à se disperser...) mais que les émotions ne sont pas des choses tangibles qui viennent du fond de notre individualité, s'expriment à la surface pour repartir se cacher au fond. Et si on ne voit pas les émotions ainsi, le fait de vouloir les refouler, ne pas les exprimer ou ne pas les ressentir semble tout de suite être un non-sens que nous souhaitons faire et qui peut nous amener beaucoup de troubles et de perturbations intérieures qui sont loin d'être nécessaires... Troubles que nous saisissons de plus comme des expressions de notre noyau individuel... (Sa vous rappel un truc ?) etc... Voyez comme tout s'alimente encore et encore...


J'ai parlé des émotions mais je met les sentiments quelque peu à part pour la simple raison qu'ils sont différents pour moi car ils peuvent être cultivés volontairement et sont le résultat d'émotions répétées (l'amour pour quelqu'un, cultiver la haine ou la rancune mais aussi des sentiments autres comme par exemple patriotique). Les sentiments s'avèrent être des assemblages peut être plus complexes associant les émotions à l'initiative personelle, la répétition, aux habitudes et à des dispositions mentales particulières.



Voilà pour pour cet article, ma foi émotionnellement intense, qui clôture ce mois de mai.  ^_^

Dams
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Dimanche 18 mai 2008
"Les voyages forment la jeunesse, a dit un sage,
Mais ils déforment les chapeaux."
(Alphonse Allais)






    J'aime pas tellement jouer les historiens mais quand cela est nécessaire, je suis bien obligé de le faire un peu.
Je vous conseille de ne pas lire cet article comme un précis d'histoire du Bouddhisme mais plus dans l'optique de vous donner une image approximative de l'éparpillement qu'a eu le Bouddhisme, des influences qu'il a eu sur des éléments culturels et à l'inverse, la façon dont l'on transformé les cultures qu'il a pu traversé.

De cet article, j'essayerais de faire ressortir trois idées essentielles selon moi pour la lecture de ce blog :
1. Le Bouddhisme n'est pas un système religieux attribué à une culture précise mais il possède la capacité de s'adapter aux différentes cultures et de se fondre en elle avec le temps.
2. Quoi que l'on puisse en dire, condamner les différentes branches du Bouddhisme reviendrait à nier ce que j'ai citer trois lignes au-dessus. Si l'on comprends certaines choses importantes, il n'y a pas nécessairement lieu de critiquer réellement que les pratiques Bouddhistes qui ne sont pas empruntes de sincérité (les grands mots...).
3. Le Bouddhisme a influencé à mon avis le Taoïsme et inversement. Postulat qui établit un lien entre ces deux sujets sur mon blog et une certaine cohérence (même si le Bouddhisme et le Taoïsme dont je parle ne seront au grand jamais celui que vous pourriez retrouver en Chine, j'entends bien).

Si je glisse des absurdités historiques, pour les connaisseurs, n'hésitez pas à me le signaler. Les rectifications sur cet articles seront évidement les bienvenues.


Il était une fois...
Un homme du nom de Shakyamuni, Siddharta Gautama. On raconte que des fleurs de lotus apparaissaient là ou il a fait ses premiers pas et qu'il fût désigné par les "oracles" comme étant destiné à devenir soit un grand roi, soit un sage.

Le personnage était fils de roi et vécu durant de nombreuses années dans un palais, à l'abri du monde comme le voulait son père. Il logeait dans le palais notamment avec son épouse et l'enfant qu'ils eurent ensemble. Il n'avait de vu que sur le bonheur, la beauté et la jeunesse des gens qui l'entouraient, de la nourriture succulente et un palais magnifique.

Un jour, poussé par la curiosité et la soif de connaître le monde extérieur, il trouva le moyen de sortir du palais et se trouva confronté au monde extérieur.
Ces sorties en dehors du palais lui font rencontrer un vieillard qui n'arrive presque plus à marcher, un pestiféré, une famille emmenant ses morts au bûcher en pleurant et pour finir un moine.
Les quatres rencontres lui font prendre conscience de l'existence de la vieillesse et du temps qui passe, de la maladie et la souffrance du corps, la mort et enfin d'une certaine manière la sagesse (ou sa recherche).

C'est avec cette histoire qu'il va partir du palais pour une quête le menant vers les différentes traditions spirituelles existantes à son époque.
On lui apprend différentes techniques qui s'apparentent souvent à des changements d'états de conscience, il étudie auprès de plusieurs maîtres mais cela ne lui suffit pas, il n'estime pas avoir atteint son but et eu ce qu'il cherchait.
Ensuite il va suivre une longue période d'ascète ou il va rejoindre un groupe et partager avec eux des pratiques de privation et de dénie du corps (une sorte de torture volontaire par l'idée d'une abstraction du corps la plus totale) jusqu'à être affaibli à l'extrême. Cela non plus ne l'amena à rien et il quitta le groupe avec lequel il était.
A la fin, on raconte qu'il aurait accepté un bol de riz au lait d'une jeune fille qui passait et qu'il s'installa sous un arbre jusqu'à avoir atteint l'éveil, après avoir "affronté" ses démons étant venus pour le détourné de son but.

Je ne sais pas si cette histoire est vraie ou pas mais elle suit une logique malgré tout très bouddhiste...
Dans un premier temps, Gautama aurait été dans l'extrême de l'esprit, dans l'autre il aurait été dans l'extrême du corps et enfin aurait réintégré une vie à peu près normale en decidant de continuer à côté à chercher la voie.
Enfin, il aurait atteind l'éveil.

Alors est-ce vraiment le commencement ? Je n'en suis pas si sûr.
Tout d'abord parce qu'il existe dans le lignage bouddhique normalement six autres bouddha avant lui. On les suppose avant tout imaginaire et motivé par le fait que Gautama n'aurait pas voulu s'affirmer comme le seul et l'unique. La description des Bouddhas avant Gautama peut porter à penser qu'ils seraient effectivement mythiques, ils incarnent tous des concepts et des idéaux de lumière.

Mais dans tous les cas, le bouddhisme n'est pas sortit de nul part, il existait d'autres religions et systèmes spirituels à l'époque en Inde et Gautama en a suivit quelques uns, la posture même du Lotus est à la base une posture de Yoga me semble-t-il.
D'autres avant lui avaient sans doute atteint la vérité autrement que par ce que l'on appel aujourd'hui le bouddhisme. Un enseignement peut être enseigné mais pas nécessairement compris par tout le monde. Ce qui peut être à engendré le Bouddhisme est que Gautama a trouvé une manière d'exprimer ce qu'il avait compris différemment et l'a aussi peut être rendu un peu plus accessible que les doctrines Brahmaniques.
Ce n'est qu'une simple supposition pour exprimer mon point de vue qui n'est pas nécessairement fondé dans le sens ou Gautama possédait toujours malgré lui son héritage de noble lignage qui pouvait influencer son comportement, sa manière de parler et d'enseigner.

Ce n'est peut être pas nécessairement l'homme en lui-même le plus important mais sa représentation.



Bön-iou le Tibet !
Avant que le Bouddhisme n'arrive en Chine, il y a eu une sacré épopée je pense. Suivant les sources, une partie du Bouddhisme s'est propagé dans le Sud (bouddhisme du sud) et ensuite vers le Nord-Ouest apparemment vers l'Afghanistan puis il transitera par le Tibet (si j'ai bien tout compris).
C'est l'ami Padmasambhava, originaire du Cachemire, qui l'aurait importer au Tibet et qui aurait été le fondateur du Bouddhisme tantrique himalayen (des vérifications sont nécessaires si cela vous amuse ^_^) puis également au Tibet.

Le Bouddhisme prendra une teinte particulière notamment en arrivant au devant de la religion antérieure qui est le Bön (et oui j'avais fait un jeu de mot foireux dans le titre ! quel rigolo !), composé d'après ce que j'ai pu en lire de pratiques animistes et chamaniques qui se sont petit à petit transformées au contact du Bouddhisme pour en devenir une religion proche.
Et à l'inverse, le bouddhisme semble avoir pris la coloration de cette religion au fil du temps pour arriver à une des branches du bouddhisme tibétain la plus connue en Europe.
Je dis une des branches puisque il y aurait plusieurs branches dans le Bouddhisme Tibétain, 4 au total normalement avec une cinquième plus récente, chacune s'orientant plus vers un domaine particulier : soit l'ascétisme, l'érudition, la transmission orale, la méditation.

Ce qui me semble important au sujet du Bouddhisme tibétain, et d'un point de vue un peu plus extérieur puisque je n'y suis pas affilié, c'est que les 4 branches co-existent sans se taper dessus. Ce qui devrait être assez le cas normalement dans le Bouddhisme si sa propagation n'allait pas souvent de paire avec une dilution du chemin.
Le Bouddhisme tibétain a bien réussi à venir en france et en europe car peut être est il, au-delà de son aspect exotique, parfois moins rebutant que le Zen, qui dans sa simplicité n'attire pas spécialement ou décourage, et propose un bouddhisme plus facile d'accès par ses enseignements.



Occidentalisé avant l'heure ?
Il y a certaines sources où l'on peut lire que le Bouddhisme aurait pu faire une apparition à l'époque de la grèce vers le Ier et 2nd siècle après JC comme le montre certaines formes d'art que l'on a retrouvé.
Il n'y aurait que peu de documents écrits et c'est pour cette raison que le Greco-bouddhisme ne serait pas nécessairement connu.

Ce qui est intéressant selon moi, c'est que le bouddhisme aurait pu influencé sans qu'on le sache vraiment certaines approches philosophiques embryonnaires des systèmes scientifiques actuels. Peut être des bribes de bouddhisme se sont dilués dans l'occident bien avant sa nouvelle venue moderne.

N'en sachant pas vraiment plus, je ne m'étendrais pas sur le sujet mais je pense qu'il était intéressant de le mettre en lumière puisque cela a attiré ma curiosité...



Voyage vers la Chine...
Le Bouddhisme a également voyagé vers la Chine. C'est un dénommé Bodhidharma qui aurait fait le voyage jusqu'au monastère chinois de Shaolin. Il est considéré comme le fondateur du Bouddhisme Chan, qui sera également par la suite le Bouddhisme Zen (Chan et Zen sont la même chose normalement). C'est le premier patriarche du Chan, 28 dans la lignée depuis le Bouddha Gautama.

Dans la légende, Bodhidharma serait arrivé au monastère et aurait rencontré les moines. Il serait resté en méditation devant un mur pendant dix ans avant que sa pratique soit partagé par le monastère. Il a du sacrément s'ennuyer, à tel point que la légende raconte qu'il aurait percé le mur ^_^
J'ai plus tendance à le comprendre d'une manière ou il aurait pratiqué une dizaine d'année à Shaolin, ou des passages réguliers, avant que des moines se joignent à lui ou qu'il donne une transmission à l'un d'entre eux.
Bodhidharma représente à mon sens déjà une expression des liaisons et du partage entre la Chine et l'Inde à cette époque.

Du côté Taoïste, on raconte qu'il serait celui qui aurait apporté le Qi Gong, dérivé de pratiques de Yoga. Il aurait vu l'état de santé des moines de Shaolin et aurait voulu leur apprendre ces pratiques pour pouvoir renforcer le corps et pouvoir ainsi pratiquer la méditation sans détériorer son propre corps dans la pratique.

Je suis très fan de l'image de Bodhidharma (surtout avec sa belle cape rouge comme sur cette image). Dans ce que j'en connais, il a déjà lié le bouddhisme à un intérêt pour son propre corps pour arriver à la pratique.
Son initiative (légendaire peut être) de l'apport du Qi Gong replace la pratique Bouddhiste dans le cadre d'une compassion pour son propre corps. On ne pratique pas pour se détruire la santé, se vriller les genoux et développer des tensions musculaires. C'est une chose parfois mal comprise en occident ou le culte de la domination de l'esprit sur le corps à tendance à nous faire croire à un corps soumis et esclave de notre volonté, alors qu'il n'existe pas de différence entre corps et esprit.

On peut également voir ici le lien étroit qui pourra s'instaurer entre le taoïsme et le bouddhisme en Chine. Shaolin est un temple légendaire aujourd'hui et qui a eu une importance dans le Taoïsme.
Le Qi Gong de Bodhidharma, les techniques de la paume bouddhiste et la méditation font partit intégrante du Taoïsme qui possède également une grand plasticité.
Les deux courants s'influençeront mutuellement même si en apparence, ils nous apparaissent comme deux choses entièrement distinctes, notamment par les transformations que le Chan aura au Japon.
Les différences au niveau des Taoïstes sont que la méditation est intégrée parmi un ensemble d'autres pratiques et que la contemplation peut côtoyer des visualisations ou de la "méditation transcendantale", ce qui n'est pas sans rappeler ce que je peux connaître du Bouddhisme Tibétain. La méditation bouddhiste, la contemplation est quand même clairement définie cela dit.


Dog & Chan...
Nous en arrivons au fondateur du Zen Sôtô au Japon (avec un deuxième jeu de mot pas drôle dans le titre dis donc...). L'histoire de Dogen est déjà plus connue car récente, nous sommes environ après 1200.
Dogen aurait intégré un premier monastère bouddhiste au Japon à l'âge de ces 13 ans mais ne fût pas très satisfait car il ne trouva tout simplement pas les réponses à ses questions, notamment celle de l'intérêt de la pratique alors que nous sommes censés être tous des bouddhas à l'origine.

Il alla en Chine (un voyage par bateau pas très confortable et facile à l'époque) où il finit par rencontrer un maître chinois du nom de Nyojo auprès duquel il resta pour suivre son enseignement. Dans son histoire, on dit qu'il fut marqué par une phrase de Nyojo "Rejetez/abandonnez le corps et l'esprit".

Dogen a écrit un célèbre ouvrage, le Shobogenzo (le trésor de l'oeil de la vraie loi) que beaucoup ont essayé de traduire et qui est réputé pour sa difficulté de compréhension reprenant l'idée de la logique quadripartite bouddhiste.
Il y aurait beaucoup à en dire sur Dogen et le Shobogenzo mais pour le moment je ne possède pas les compétences nécessaires pour le faire.

Certaines choses dont j'ai tendance à retenir chez Dogen sont notamment la non-distinction du corps-esprit par exemple, et l'apport qu'il a pu faire à son époque à un Bouddhisme au Japon qui semblait sur le déclin. Il enseigna dans différents lieux et ne fût pas nécessairement bien accueilli par les institutions de l'époque. Cela ne l'empêcha pas de continuer à le faire, une chance pour nous.

Mais je tiens à le dire, Dogen c'est beaucoup plus que cela.


Comment moi je connais le bouddhisme...
En France et en Europe, on a l'habitude de dire que c'est Deshimaru qui l'a importé. C'est vrai que j'en ai entendu maintes fois parlé de ce personnage. Mais je n'ai pas connu le Bouddhisme par ces enseignements, ces écrits ou les personnes qui donnent des enseignements qui venant de lui.

Moi le Bouddhisme, à mon âge et dans mon pays, je l'ai connu par les enseignements de Nishijima. Il porte aussi le surnom de Gudo, qu'il s'est donné lui-même, et qui signifie la voie de l'idiot car apparemment il estime qu'il a mis longtemps à comprendre le bouddhisme (un peu comme la blague du gars qui comprend vite mais à qui faut expliquer longtemps ^_^)

C'est un homme qui a beaucoup écrit et publier des livres, et que j'ai connu par rapport à son intérêt pour le Shobogenzo, à son interprétation des nobles vérités suivant le point de vue que j'ai déjà énoncé dans un article précédent. Vous pourrez trouver la traduction faite par Yudo de "Meet the real dragon" ici, livre qui apparemment rassemble bien ses idées et qui est compréhensible et simple à lire.


Ensuite vient une personne que j'aime beaucoup également et qui a reçu la transmission de la part de Nishijima. Il se trouve maintenant être le successeur de Nishijima par rapport au dogen Sangha (je ne connais pas nécessairement très bien les modalités).

Brad Warner est je crois une personne assez décriée par certains pratiquants pour qui il n'est peut être pas assez conformiste, pour la plupart de ceux qui entendent garder une étiquette précise sur l'image de ce que peut être le Zen.
Pour moi il représente plutôt le fait que le bouddhisme, et le zen par conséquent, ne sont pas nécessairement ce que les gens croient, que c'est un domaine que l'on aimerait catégoriser et étiqueter, où l'on voudrait pouvoir dire "tu es bouddhistes ? ha d'accord sa veut dire que tu es comme ça, comme ça" alors que paradoxalement, beaucoup d'histoires de maîtres chinois nous montre qu'ils avaient souvent des manières d'être atypiques et déplacées.
Je crois que Brad Warner, en mettant en avant son côté d'ancien joueur dans un groupe de punk (le bon vieux punk bien trash comme on l'aime lol) et en publiant des articles sur le site des Suicide Girls, montre que l'on peut s'attendre à tout au final venant d'un bouddhiste !
En tout cas, j'aime beaucoup sa manière d'être, une petite bouffée d'air frais dans un bouddhisme qui s'exporte mais en sentant souvent toujours autant le renfermé...
Il fait partit pour moi des personnes qui incarnent une réelle occidentalisation et adaptation du bouddhisme.

Si vous êtes intéressé par le personnage et ses idées (parce qu'il en a dans le cibouleau ! ^_^), il a publié pour le moment deux ouvrages en anglais-américain (et un troisième en préparation je crois) : "Hardcore Zen" et "Sit down & shut up".


Et enfin, pour finir alors que j'aurais peut être dû commencer par lui, c'est grâce à Yudo que j'ai pu m'intéressé à cette lignée du bouddhisme Zen. Il a reçu lui aussi sa transmission de Nishijima.

Il m'a beaucoup expliqué l'approche justement de Nishijima concernant son interprétation des quatres nobles vérités et aussi le Shobogenzo. Il m'a aussi permis d'avoir une approche de la pratique englobant la notion de ne pas se détruire le corps, en prenant en compte que nous ne sommes pas nécessairement si souple et que l'ouverture de hanche, sa se travaille et sa s'entretient ! Chose que l'on oublie parfois de préciser en occident je pense.

Yudo a un site internet ici sur lequel il publie des articles depuis quelques années maintenant, ce qui commence à faire une bonne base de textes.
Il a également traduit comme je l'ai dis le livre de Nishijima "Meet the real dragon" et s'est attelé à la tâche d'essayer de publier peut être un jour (si un éditeur le veut bien...) sa traduction de "Hardcore Zen" et pourquoi pas par la suite "Sit down & shut up" de l'ami Brad Warner.
Le travail de traduction de ces textes pour moi est une chose important pour faire entendre d'autres voix que celle du Bouddhisme que l'on connaît en France, pour amener les gens à voir ce que peut être réellement le bouddhisme au-delà d'un aspect parfois trop exotique, parfois trop rebutant, parfois trop stéréotypé.

Depuis quelques temps, Yudo organise des sessions de méditation toutes les semaines sur Montpellier. Je le note à nouveau pour information destinée à ceux qui n'ont pas lu les articles précédents.



Voilà, le voyage s'achève avec le simple étudiant que je suis...
Le parcours que j'ai noté ici n'est pas fait non plus au hasard. Il y a une logique entre les choses qui m'intéressent et qui me semblent juste et ma vision de la lignée à laquelle je m'intéresse (toutes les lignées sont censé partir du Bouddha lui-même).
On pourra mettre en avant mes envies de "vulgarisation" pour un bouddhisme plus ouvert et moins ancré dans des traditions que les occidentaux ne comprennent pas, dans mon approche de l'importance de l'attention au corps et également à part égal à l'esprit , dans mon approche qui veut que le bouddhisme et la pratique de la méditation s'intègre d'elle-même dans un tout et dans le quotidien, et donc qu'elle puisse être soutenue par une hygiène de vie et une bonne santé (qu'elle peut engendrer et qui à l'inverse redonne à la pratique), d'où mon approche également Taoïste.
Tout cela, je le retrouve à mon sens dans le Bouddha, chez Bodhidharma, chez Dogen, Nishijima, Brad Warner et enfin Yudo.

J'espère aux lecteurs que vous aurez trouvé un certains intérêt à lire cet article (car ce n'est pas évident pour moi) même sans qu'il comporte une approche nécessairement réflexive.



Dams
par Hezekiel publié dans : Bouddhisme
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Mercredi 7 mai 2008
"Si l'on ne voulait qu'être heureux, cela serait déjà fait.
Mais on veut être plus heureux que les autres,
et cela est presque toujours difficile
parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne le sont"
(Montesquieu - Mes pensées)





    L'autre fois une chose m'est apparue par rapport à quelque chose que l'on m'a dit (superbe introduction...). J'avoue que je n'avais pas trop conscience de comment les personnes peuvent prendre le sens du mot "heureux" lorsque je dis parfois que le Bouddhisme est censé être une voie pour être heureux.
Oui c'est sûr... je l'emploi comme ça sans prévenir et sans expliquer trop (à moins que je l'ai oublié...) mais même si c'est dis en terme très simple, ce n'est pas nécessairement si simple et direct que cela...

Très vite, revenons en aux bases des mots tels que "être heureux" ou le "bonheur". Ce ne sont encore et toujours que des concepts. Nous avons une idée particulière de ce qu'ils veulent dire mais dans la réalité, on ne sait pas tellement ce qu'ils sont.
On entend pour cela beaucoup parler "d'accéder au bonheur", "devenir heureux" comme si on souhaitait atteindre un état ou obtenir quelque chose que nous n'avions pas.
C'est cela qui conduit à penser que devons partir à la recherche de ce bonheur ou qu'il existe des gens différents de nous (de simples pauvres humains...) qui auraient accédé à un niveau ou l'on serait toujours heureux.

Cette déformation on la trouve dans le Bouddhisme. Soit on dit que le bouddhisme est pessimiste, soit au contraire on déforme le concept du "Nirvana" pour qu'il colle avec notre idée d'obtention du bonheur.
Le problème est que c'est un schéma de penser que nous avons déjà vu avec la notion de quête d'immortalité. Le même je vous dis ! Sa porte pas le même nom... Sa porte pas sur la même chose... Mais sa se réfère à une approche similaire de la spiritualité ou d'une recherche personnelle.

Tant que nous nous scindons des personnes que l'on pense être supérieures ou différentes de nous, nous nous mettons un blocage énorme. Peut être que les raisons de ce comportement pourraient se trouver dans le fonctionnement clérical que nous avons pu avoir (distinction des profanes et des hommes d'églises) mais c'est quand même un schéma très courant qui semble apparaître dans beaucoup de religions, cette distinction entre les saints et les hommes appartenant aux communs des mortels.
Mais ceux-ci ne sont pas mieux que personne (voir l'article, "des hommes extraordinaires" je pense...) ils meurent également, sont faillibles tout comme nous, et... moi aussi mon cadavre se conserverait plus longtemps si j'étais dans un congel avec des conservateurs dans le veine ! ^_^

Pour revenir à nos vaches, le concept de "bonheur" et "d'être heureux" est assez vicieux puisqu'il implique une notion de ne pas l'être. Pourquoi ne serait-on pas heureux ? Et bien parce que si il existe le bonheur, il doit nécessairement pour notre cerveau exister le malheur.
Il est clair que pour moi on ne peut pas toujours être heureux... Et on ne peut pas non plus toujours être malheureux ! Je ne sais pas trop si le malheur peut rendre heureux et inversement, mais ils apparaissent comme deux faces de la même pièce.
Des fois quand je raconte certains passages de ma vie, des gens m'ont regardés comme si j'avais vécu des choses insoutenables (ce qui est loin d'être vrai si on compare cela à d'autres choses beaucoup plus graves, à moins que ça ne soit ma narration de dramaturge qui accentue l'impression de gravité ^_^).
Bien sûr qu'on peut dire que parfois on se serait passer de certaines choses, je le dis souvent. Mais c'est par exemple après avoir été paumé pendant 3 ans que je me suis aperçu que le Bouddhisme était une chose qui me convenait bien. J'avais tout abandonné pour trouver cela (sans comprendre que c'était déjà là), partir pour espérer trouver quelque chose, obtenir un e raison correcte et potable de continuer à vivre dans ce que j'estimais être une société qui n'a rien à donner et à qui je ne pouvais rien donner, une humanité en laquelle je n'avais pas d'espoirs.

Et aujourd'hui, je me tape toujours des coups de blues, sa m'attriste de voir des gens se menacer avec un couteau, si je regarde les infos trois soirs d'affiler je peux trouver cette société pourrie et je suis toujours autant de réfléchir sur la vie, le sens qu'on lui donne et de vouloir me "perfectionner".
Ba... Nan mais je rêve ?! En gros, j'ai pas changé depuis les 4 dernières années et je vous sors mon baratin ? Mais quel...
En fait, rien ne change vraiment ou par touches infimes. Nous possédons déjà tous les outils avec nous puisque l'important est fondamentalement ce que nous sommes. Si nous ne nous estimons pas heureux, c'est que nous rêvons à une vie différente de celle que nous avons.

Que le fait d'être heureux soit un concept dans nos têtes tient pour moi également à l'ignorance de certains mécanismes de notre corps.
En occident, en tout cas de ce que j'en connais, on a tendance à penser naturellement que le cerveau est le siège de ce nous-même en lequel nous croyons. La religion n'avait pas trouvé de réponse à la question de savoir ou était l'âme mais la psychologie et la philosophie nous on fait trouver cette place dans notre cerveau.
Pour moi, j'ai l'impression que malgré nous on peut faire l'amalgame de croire être notre cerveau. Il y a un certains dénis du corps dans certaines approches de notre société par un effet de surenchérissement sur celui-ci (soyez belles, perdez 20 ans ! Mincissez la nuit !...) comme si notre corps n'était qu'un instrument devant se plier à toutes nos volontés, une part dominée par le cerveau qui doit nous obéir (comme une voiture par exemple).
Mais nous sommes également notre corps, nos humeurs et nos émotions peuvent facilement variées en fonction de l'activité de nos organes, de notre sommeil, de notre alimentation etc... C'est je crois ce qu'essaye de dire Dogen lorsqu'il parle de corps/esprit.
Mais là j'ai envie de demander : Comment savoir si mon estomac est heureux ou pas ? facile... Comment savoir si mon foie est heureux ou pas ? Comment savoir si mon coeur est heureux ou pas ? Et mes veines ? et mes pieds ?

Bizarrement, cela paraît absurde de poser cette question. Pourtant, si l'on considère notre personnalité comme un assemblage de différentes choses, images, symboles, idées, concepts produits par notre cerveau. Et si l'on ajoute à cela l'idée que notre cerveau est un élément de notre corps comme un autre, alors sur quoi se pose-t-on la question d'être heureux ? Sur quels éléments se base-t-on pour juger du "bonheur" ?
C'est là que l'on peut se rendre compte qu'il n'y a pas nécessairement une distinction et que les deux concepts sont un découpage de la réalité qui arrange bien notre intellectualité mais qui nous amène à tomber dans le piège, terrible car difficile d'en sortir, d'une dualité entre bonheur et malheur.

Il y a une réalité, notre vie. Puis il y a des éléments de conscience qui jugent de cette réalité par rapport à des éléments mentaux fixant des buts et objectifs, des appréciations. En fait, il n'y a pas que notre cerveau, notre corps entier joue se rôle.
On découpe la réalité pour essayer de l'analyser vu que nous sommes trop limités pour faire cela autrement. De cela nous pouvons tirer des éléments qui nous sont bénéfiques et d'autres qui ne nous conviennent pas, ou ne nous arrangent pas. On peut réfléchir sur notre situation, ce qu'elle est et ce qu'elle pourrait devenir. Puis des fois on va trop loin, ce n'est plus de la réflexion c'est de l'imagination, on s'extirpe de la pensée pratique pour arriver dans une pensée rêveuse. On abandonne le fait d'être attentif à notre vie pour se tourner vers une vie qui n'existe pas. En fait on confond en arrivant à confondre "réfléchir sur notre vie pour qu'elle tourne correctement" et "réfléchir sur notre vie pour se dire que ce n'est pas cela qu'on voulait"... Et si l'on prend la seconde option, alors apparaît la notion de malheur et de bonheur...

Donc dans le Bouddhisme on cherche à "être heureux" mais peut être dans le sens de comprendre ce que peut être véritablement cette manière d'être avant tout, sans nécessairement tomber dans les illusions du bonheur ultime ou de Bouddhistes souriant niaisement jusqu'à la fin de leur jours...

Sur ce... tous mes voeux de bonheur ! ^_^

Dams


Ps : Cet article est pour celle qui m'a inspiré cette idée, ma plus fidèle lectrice je crois... Elle se reconnaîtra sûrement.  ('.')

par Hezekiel publié dans : Bouddhisme
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Samedi 3 mai 2008
"Parfois on a tellement envie de croire... qu'on finit par chercher trop loin"
(X-files, Duane Barry 2.06; Scully)






    Comme ce qui est presque une habitude depuis que l'on a commencé les séances de méditation le jeudi soir chez Yudo, je m'y suis rendu. On organise la séance par deux périodes de 30 minutes de zazen avec entre calé un kin hin (je ne sais pas trop comment cela s'écrit).
Après cela, on fait en général un quart de parlote car on aime bien parler, mais en rapport avec le Bouddhisme évidement et la philosophie bouddhique.

Cependant, cette séance ne s'est pas déroulée comme les autres pour moi car je me suis rendu compte malgré moi de l'évidence évidente que la philosophie bouddhiste était une philosophie. Et qu'une philosophie, du fait de nos limites intellectuelles, n'est jamais profonde.
Il faut être borné comme moi pour "croire" sans m'en rendre compte que la philosophie bouddhiste allait plus loin qu'une philosophie, ce n'est je pense pas vraiment le cas.

Nous avons parlé des quatres nobles vérités dans un articles précédent, je le remet sur le tapis pour la simple raison que j'ai fait un Nota Bene concernant cet article (voir :
Perfection et Nobles vérités) et qui est notamment à l'origine de cet article.
Trois philosophies et une réalité : Idéalisme, Matérialisme et théorie de l'action sont les trois philosophies. La réalité n'est qu'une. C'est bête et méchant. Même trop bête et méchant...

Pourquoi c'est trop bête ? (à partir de maintenant ce blog est fait par un gamin de 12 ans ^_^)
Pour la simple raison qu'on emploi des mots encore et encore pour expliquer la réalité est là, qu'on est dedans et qu'il n'y a pas à la chercher plus loin que le bout de son nez.
En essayant d'expliquer cela, ce qui est fort c'est qu'on peut plonger les gens dans encore plus de confusion.
En prenant la dernière noble vérité comme la vérité, on peut faire croire aux gens qu'il y a un chemin vers la réalité et qu'ils ne sont pas dedans au départ.
Je ne dis pas que tout le monde croit cela, je dis simplement que notre approche intellectuelle peut engendrer cette manière de comprendre.

Pour c'est trop méchant ? (mais pourquoi est-il si méchant ? .... Parce queeeeeee !)
Encore pour la simple raison que ce qu'on vous dit c'est qu'il n'y a rien à chercher. Que vous allez vous prendre la tête pendant pas mal de temps pour vous apercevoir à un moment que votre problème c'est justement ça : vous cherchez trop loin. Et vous cherchez trop loin car vous cherchez avec votre tête... Et c'est un sacré problème qui nous place dans l'embarras puisqu'on ne sait pas chercher autrement que part notre tête !
Cela va encore plus loin, on dit qu'il n'y a pas de recherche à faire. Quand tu as compris que rien ne sert de chercher, et bien tu auras trouvé ce que tu cherchais... Je crois que c'est ce qu'on essaye de dire par des centaines de bouquins, de philosophies bouddhiste datant de je ne sais combien d'années etc...

Alors après ben oui, réfléchir là-dessus n'est pas plus enrichissant que de jouer à la game boy. Mais moi j'aime bien perdre mon temps, et donc j'aime bien réfléchir... Et sûrement reviendrais-je sur cette philosophie bouddhiste quand je ne serais plus vexé d'avoir vu qu'elle ne vaut rien.
Je suis aussi vexé car j'ai déformé la traduction des quatres nobles vérités faite par Nishijima. Et j'ai déformé pour la simple raison que je me rend compte qu'il y a une critique à faire selon moi (n'oubliez pas que j'ai tendance à fonctionner dans mes écrits comme si j'avais toujours raison... ^_^)

La troisième et quatrième noble vérité sont la théorie de l'action et enfin la réalité elle-même. (Peut être que je me trompe une nouvelle fois...)
Cependant, dans les nobles vérités originelles (ou les traductions on va dire...), la dernière noble vérité est l'octuple noble sentier.
C'est quoi ? C'est simplement la pratique de la Sagesse (Vue correcte et pensée correcte), de la moralité (Parole juste, Action juste et Vie juste) et de la Méditation (Effort approprié, Attention appropriée et concentration appropriée).

De ce que j'en comprends le Bouddhisme, pour moi il est orienté vers le fait d'être heureux. Ce n'est pas une psychothérapie New-Age mais un apprentissage d'une manière de vivre, mais d'une manière de vivre spécifique dans une optique de sortir d'un cercle dans lequel nous créons notre propre malheur, nos propres souffrances.
L'atteinte de la réalité est une approche selon moi moderne influencée par les sociétés actuelles sur la coupure avec la spiritualité et avec tout un tas de choses qui nous donne l'impression d'une vie moins "réelle". Ce n'est qu'une des formes infinies de notre insatisfaction face à la vie et à notre existence.

Le l'octuple noble sentier n'apparaît pas pour moi, quand on l'expose, comme une fin en soi mais plutôt comme la compréhension que l'on peut vivre autrement que dans le marasme de notre vie jusqu'alors. On ne dit pas qu'il y a une fin à ce sentier, on dit qu'il y a la pratique de sentier au final. Ce qui ne me semble pas donné la même impression quand on le lit.

Dans cette approche, l'action et la réalité ne sont pas dissociées. L'acte même est déjà réalité, c'est l'acte que l'on recherche dans l'octuple sentier. Mais celui-ci, de part l'emploi des mots comme "correct", "juste" et "approprié", implique un recul sur ce que l'on peut faire, sur nos pensées, sur nous même et la réalité de nous-même.
En remontant, cela est pour moi exprimé dans la troisième noble vérité qui est traduit comme cela :
" La souffrance cesse lorsque cesse l'attachement aux désirs".
Cela n'est pas très attrayant mis de cette manière mais cela correspond selon moi à ce que je viens de dire. Le terme de désirs n'est pas à prendre au sens propre et signifie pour moi une contraction de nos envies que la réalité soit différente de ce qu'elle est.

Et c'est réalité différente de ce que l'on aurait envie et bien c'est pour moi la seconde noble vérité !
"La souffrance provient de l'attachement à nos désirs".
Là aussi, cette souffrance provient de nos déceptions face à la réalité. On aimerait que la vie est un sens, être immortel, avoir ça de différent, connaître notre avenir et son déroulement... Ce n'est pas fondamentalement que la souffrance existe originellement, c'est que nous lui donnons sa nature de souffrance.

Et la première noble vérité ben... c'est la souffrance. Je sais... je viens de dire qu'elle n'existait pas originellement mais la matière à la souffrance existe elle originellement, notre monde existe même si nous ne sommes pas là. Déjà ne serait-ce que ça ... c'est super contrariant ^_^

En retraçant le chemin et bien on retrouve la première vérité comme le matérialisme, la seconde comme l'idéalisme, la troisième comme un réalisme optimiste pour moi dans le sens d'une recherche vers la manière de mener sa vie et de sortir d'une cercle entraînant la souffrance. Et enfin la dernière qui est l'action, de rentrer dans un cadre réel de ce que l'on a dans le réalisme optimisme.


C'est une approche comme une autre, une traduction sans doute comme une autre des quatres nobles vérités. Elle n'a aucune valeur (puisque je ne suis pas enseignant ou autre), mis à part celle que vous lui accorderez.
Je l'inscris dans un article puisque malgré moi elle teinte forcement mon approche du bouddhisme.


Dams
par Hezekiel publié dans : Bouddhisme
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Jeudi 1 mai 2008



    Non ce blog n'a pas changé de propriétaire. Ces couleurs de mauvais goûts sont bien le nouvel appanage du Blog Note, un peu rétro et beaucoup de mauvais goût. C'est un peu au feeling que j'ai réalisé ce physique, je ne suis pas non plus un graphiste professionnel... loin de là.

Mon inspiration je l'ai tiré des années cinquante et de l'époque du crash de Roswell, saupoudré d'un peu de guerre froide. C'est spécial mais sa donne un petit goût piquant sous la langue quand on lit le blog ^_^
Je pense que c'est l'expression de l'influence de Brad Warner (le récent par rapport à mon approche du Bouddhisme, mélangé avec un petit peu d'esprit me faisant passé pour un rebel...

L'auto-dérision à deux euros est également là pour faire comprendre mon soucis de ne pas me prendre au sérieux, c'est important vu ma manière d'écrire mes articles je crois ^_^

Quitte à lire un blog, autant qu'il y ai avec lui l'image.

Dams
par Hezekiel
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Dimanche 27 avril 2008
"Une arche de rêve scintille dans les nuageux orageux :
Un pont entre ciel et terre.
Son entrée est difficile à trouver."
(Deng Ming-Dao - Le tao au jour le jour)





Suite de notre article concernant l'utopie et le développement personnel (Nan je vais pas faire une trilogie comme dans le cinéma américain). Je vais aborder ici l'optique de l'immortalité, graal de nombreuses recherches spirituelles et qui nous arrangerait bien si elle existait puisque nous pourrions ainsi penser échapper à notre plus grande peur.
Que cela soit à travers l'atteinte d'une "réalisation" par la sortie du cycle des réincarnations dans le bouddhisme ou l'atteinte de l'immortalité par le Taoïste, les élixirs d'immortalité dans l'alchimie et autres domaines.

L'immortalité est constamment une manière de parler puisque c'est un concept purement mental. Il y a des explications qui tendent à dire par exemple que cela viendrait du fait de la longévité de certains Taoïstes. Mais le concept n'est encore une fois là que pour induire un système d'utopie et de projection de soi basé sur le point de la peur de la mort.
Les enseignants et maîtres spirituels sont loin d'être de gros naïfs et sont habitués à voir ce qui les ont poussé ou pousse les gens à s'intéresser à leur domaine au-delà même des excuses qu'ils pourraient être amenés à donner. Il faut évidement bien donner du crédit aux rêves car c'est ce rêve qui peut porter les gens vers des domaines où ils pourront sortir de le cercle pour passer dans un autre ayant quelques différences.

Dans le Bouddhisme, il y a beaucoup de choses qui circulent concernant la sortie du cercle des réincarnations, du nirvana et d'autres choses dans le genre (réincarnations conscientes etc...). Certains se basent même sur le livre des morts tibétains pour affirmer l'existence après la mort.
Mais ce qui semble sûr c'est que l'existence post-mortem est comme la photo retouchée avec une femme tout sourire qu'on vous présente pour une destination paradisiaque.
Je ne dis pas que cela n'a aucune existence mais que cela n'est pas ce que vous croyez et qu'il n'y a aucune raison de passer toute une vie à préparer son voyage post-mortem.
Les explications et tentatives d'explications concernant la mort et le reste sont trop complexes et pas assez vérifiées pour s'y intéresser avant un bon nombre d'année de pratique, sans compte que vous en aurez peut être compris la futilité.
Par contre, votre envie et intérêt pour l'immortalité est précieuse, elle peut vous avoir conduit à lire ce blog (hey mais j'emploie toujours les même blagues ? :-D) et c'est sans doute une bonne chose pour les statistiques de mon blog assurément mais également dans un pas vers la prise de conscience qu'un rêve ne représente pas un concept n'entretenant aucun rapport l'univers et nous même, que nous passerons toute notre vie à avoir envie de le faire sans y arriver ou alors au contraire à se persuader que cela est impossible et le laisser de côté.

    Le Taoïsme quant à lui ne semble pas avoir proposé spécifiquement une voie vers l'immortalité. Elle a pu être comprise comme cela par certains mais je n'ai pas perçu cela ainsi dans mes pratiques qui s'y rapportent ou dans la philosophie de ce courant. Apparement on devrait rechercher dans le Taoïsme l'union avec le Tao ou d'être en harmonie avec lui. Ce Tao est souvent décrit comme tout et rien à la fois car ce n'est pas quelque chose que l'on peut saisir grâce à nos capacités mentales, ce n'est pas une chose tout court. Les chinois lui ont donné le nom de Tao mais on pourrait tout aussi bien lui en donner un autre.
En tout cas la recherche d'une unité avec le Tao a donné lieu à tous les domaines qui peuvent se rapporter au Taoïsme comme la médecine chinoise, la philosophie, les arts martiaux et exercices de santé...
Les écrits mentionnent qu'il existait de nombreuses écoles qui abordait différents enseignements de manière séparée, on ne retrouvait pas un enseignement universel. Des auteurs plus contemporains ont pu dire qu'il existait un Taoïsme par individu.

Cette approche en un sens spécifique tend à considérer que chacun doit comprendre par soi-même ce que peut être l'accession au Tao et cet accès à ce que l'on a traduit