Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 23:34

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Ceci est un message d'information destiné aux lecteurs, enfin... à la poignée que vous êtes.

Je rencontre actuellement de grosses difficultés dans la gestion de mon blog, comme vous pouvez le constater, au niveau visuel, design et codage .

Ces difficultés ne proviennent pas de mon fait mais bien de la politique actuelle d'Overblog qui s'exprime de différentes façons :

- Vous avez pu, si vous parcourez le blog, voir une nouvelle barre "overblog" s'afficher en haut de votre écran. Celle-ci n'est pas modifiable ou supprimable que si l'on paye.

- La modification du design du site, pour des gens comme moi, devient de plus en plus compliquée. Il faut avoir assez de connaissance pour créer sa propre CSS en prenant en compte les spécificité du codage Overblog, puisque Overblog a limité depuis une semaine la modification des thèmes qu'ils proposent (la méthode avec laquelle je fonctionnais jusqu'à aujourd'hui), toujours dans le but de faire passer les utilisateurs en accès payant. Je veux bien faire tous les efforts que je peux niveau de la création d'images, mais le codage est au-dessus de mes forces (bien que tâtonnant du html & Co. les codes actuels en CSS sont au-dessus de mes capacités et je n'ai pas le temps nécessaire pour l'apprendre).

Je n'ajouterais pas à cela quelques détails supplémentaires me gênant sur Overblog.

En considération de tout ceci et pour la pérennité du blog et de mes écrits, je cherche donc des solutions pour continuer à publier mes articles et sur l'amélioration de leur qualité. Plusieurs éléments rentrent en compte :

- Trouver un autre héberger de blog, voir de site internet. Si il faut finir par payer une petite somme pour avoir vraiment quelque chose de correct et continuer ce parcours de bientôt trois années, c'est à réfléchir mais cela peut s'envisager.

- Trouver de l'aide sur la construction d'une CSS digne de ce nom et à la limite une aide pour tout ce qui est graphisme et illustrations (qui n'est pas si important pour le blog mais qui le sera si dans un futur plus ou moins lointain - proche, si je souhaitais peut être transposer le blog en un bouquin. Audacieux le jeune homme vous allez me dire...). Pour un blog qui tournerait sur Wordpress, les CSS ne sont pas si dures à construire ou à modifer, par contre tout coder depuis le début, j'en suis incapable pour le moment.

- Transférer toutes les données du blog sur le futur support (blog, site internet...). Si faut le faire en manuel, je prend mon courage à deux mains et je le ferais, si il existe des solutions plus simples j'en serais ravi (hum... je sens que ça existe un récupérateur de données de blog, mais peut être pas pour tous les blogs).


Well, well, well... Je crois que j'ai fait un peu le tour de la chose. Ce billet est donc là pour demander idées, assistance, soutien ou aide à quiconque peut m'en apporter sur les points exposés ici. Je cherche de mon côté mais peut être que certains d'entre vous pourront m'aider... Obi Wann kenobi, vous êtes mon seul espoir ! hum... désolé c'est l'émotion.

Alea Jacta es !

Dams

Par Dams
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 16:40
"Ceux qui cultivent le Tao
Ne cultivent pas le devoir et la justice sociale
Mais développent d'abord leur qualités propres.
Car celui qui voit les autres sans se voir lui-même,
Celui qui entend les autres sans s'entendre lui-même,
Perd la clarté de sa vision
Et devient quelqu'un d'autre
Que lui-même."
(Tchouang Tseu)




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Dans cet article, je vous propose d'aborder succinctement les écrits sur lesquels repose le Taoïsme, les plus connu. Ainsi je vais présenter les 3 philosophes taoïstes que sont Lao Tseu, Tchouang Tseu et Lie Tseu mais également Confucius, que je conçois comme tout autant lié aux fondements du Taoïsme.

Il me semble évident que mon exposé ne sera que superficiel comparé aux connaissances que vous pourrez trouver dans des livres spécialisés sur le sujet. Le but n'étant pas d'exposer une érudition précise des auteurs historiques mais d'en faire une présentation permettant de s'y retrouver lorsque j'aborde le Taoïsme dans d'autres articles et d'établir des liens possibles entre Bouddhisme et Taoïsme.

Lao Tseu.
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Lao Tseu est considéré comme le père du Taoïsme, bien que son existence penche plus vers la légende que basé sur des faits réels. On dit que son nom signifie "vieillard" et "nourrisson" par rapport au fait qu'il aurait été sage dès sa naissance, la traduction apparaît parfois plus simplement comme étant le vieux maître. Il vécu en - 600 av JC, à la même époque que le bouddha et que Confucius.

Il est dit qu'il occupait le poste d'archiviste à la cour impériale et qu'il voulu se retirer à un moment dans les montagnes, souhaitant délaisser les affaires de l'état. Il traversa le pays à dos de Buffle (symboliquement, dans l'astrologie chinoise, le Buffle est le premier animal à s'être mis en marche vers le Bouddha) jusqu'à la frontière. A ce moment là, au poste frontière de la passe Han KIou, le garde frontière Yin Hi l'arrêta et lui demanda de laisser une trace écrite sur ce qu'il avait compris du Tao.
Lao Tseu écrivit alors le Tao Te King (communément traduit par "le traité de la voie et de la vertu"), un ouvrage comportant 5 000 caractères chinois.

De nombreux doutes concernent la vie de Lao Tseu et les historiens estiment que le Tao Te King s'apparente plus à une compilation de textes effectués au fil du temps que d'un ouvrage écrit par un seul homme.
Dans les traductions françaises, il est constitué de 2 parties la voie et la vertu, et composé de 81 strophes, 37 dans la première partie et 44 dans la seconde.

On dit qu'il s'opposait farouchement à Confucius et il est vrai qu'un dualisme peut être mis en avant. Mais plusieurs écrits se réfèrent à juste titre aux différences existant entre la culture Chinoise et la notre, mettant en avant que le dualisme n'est pas propre au taoïsme qui, au-delà des différences, s'accordait tout de même au Confucianisme et certains récits parlent d'une étude conjointe de la philosophie Taoïste et de Confucius dans les monastères taoïstes.

Confucius.
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Il est donc un contemporain de Lao Tseu. La philosophie de Confucius n'a jamais fait l'objet d'un ouvrage précis écrit de sa main, mais on a pu retracer le fil de sa pensée suivant les entretiens.

Si l'approche taoïste est plus orientée vers les liens entre l'homme et la nature, Confucius mettra lui au contraire l'accent sur les relations humaines. Il va prendre en compte que l'homme est un animal social et que l'harmonie qui doit être recherché est avant tout celle du Ren, c'est à dire une harmonie dans les relations entre les hommes au sein de la société. Cette harmonie, on la trouverait par l'expression de la bienveillance vis-à-vis d'autrui. Il affirmait que si tous respectait cette attitude, la société se peut alors se porter correctement à tous les niveaux. De même que si le taoïsme semblait parfois plus ésotérique, le confucianisme était éminemment basé sur l'homme comme préoccupation principale.

On a coutume de dire que le confucianisme est une des bases de la culture chinoise dans son aspect du respect des ancêtres, de la famille mais également de la hiérarchie (dans le sens de la soumission au gouvernement et aux rois). Que cela ai été bien compris où non, Confucius ne semblait pas nécessairement admettre en cela un conformisme, mettant en avant que les convenances ne servent à rien sans le Ren, encourageant l'esprit critique et la réflexion.
Il insistera sur l'importance essentielle de l'éducation.

Confucius ne s'établit pas comme un maître, ou un homme qui véhicule une philosophie précise, et ce seront ses disciples qui mettront en forme la doctrine du Confucianisme.


Tchouang Tseu.
rubon3-353d6.jpgMaître Tchouang aurait vécu à l'époque des royaumes combattants, environ au IVème siècle av JC. Son existence, là encore, est mêlée à la légende et la véracité de son existence mise en doute par les historiens. Durant sa vie, il s'occupa de tâches administratives, considéré comme un fonctionnaire. Il refusa un poste de premier ministre que lui aurait proposé le roi Wei (de la région du Chu).
On raconte qu'il finit sa vie en nomade, retiré du monde mais restant proche du peuple.

On connaît Tchouang Tseu pour son écrit, le Zhuangzi, repris par des contemporains et ensuite divisé en trois parties comprenant les neipian (chapitres internes), les waipian (chapitres externes) et enfin les zapian (chapitres divers). Il me l'accent dans ces écrits sur le Tao et l'attitude de l'homme envers celui-ci.
Ainsi, il se moque ouvertement de l'homme qui tente de s'imposer face au cours des choses, qui croit pouvoir retirer quelque chose de bon à essayer que les évènements soient comme il le veut, à imaginer que le monde peut tourner selon sa volonté. Il critique ainsi les actes et le discours des hommes et met en avant l'attitude du non-agir (wu wei).

Wu wei n'est pas l'absence d'une action mais apparaît comme une action conforme aux circonstances et à la situation. Nous ne sommes pas dans le cadre d'une action réfléchie et intentionnelle (dans le sens qu'elle passerait par l'intellect et une décision précise en amont) mais bien dans une action immédiate et spontanée qui n'est pas l'expression de l'individu mais qui fait partit de l'action globale en laquelle elle prend sa place, de l'instant.
Cette spontanéité par l'absence de volonté de chercher à contrôler le court des choses semble alors s'apparenter à Wu wei, qui est alors loin d'être une retenue dans l'action voir une absence d'action.

Tchouang Tseu est connu également par le rêve du papillon. Une nuit, il rêve d'être un papillon et, lors de son réveil, Tchouang Tseu affirme ne plus savoir si il est un papillon qui rêve d'être humain ou si il est en homme ayant rêvé qu'il était un papillon.
Par cette historiette, on voit que son approche n'était pas simplement basé sur des principes philosophiques mais également sur des expériences simples (comme ce rêve) mais éminemment démonstratives que l'on retrouvera dans diverses écoles spirituelles proches et notamment dans les écrits que j'ai pu lire sur le bouddhisme Tchan.


Lie Tseu.
liezi.jpg La vie réelle de ce personnage n'est pas avérée. Ce que l'on connaît de lui se retrouve dans le livre qu'il est censé avoir rédigé, le "Vrai traité du vide parfait" (Tchoung hiutchen king) - que l'on traduit aussi par le traité de la simplicité et de la vacuité - datant de 732 ap JC, et des parties du texte qui abordent sa vie. On dit qu'il aurait pu faire être inventé par Tchouang Tseu, ce qui pourrait trouver confirmation dans le fait que l'ouvrage reprend des passages du fameux Zhuangzi. Le personnage, en plus de son mystère, comporte notamment des caractéristiques fabuleuses comme celle de "chevaucher le vent" pour voyager. Le traité du vide parfait aurait été découvert dans la bibliothèque impériale par un certains Liu Xiang, un lettré confucianiste de 78 av JC. A l'origine en 20 chapitres, il fût remanier en 8.

On trouvera dans ce traité autant d'approches philosophiques que pratiques. Si la lecture en est facile, la compréhension l'est un peu moins puisque certains passages nécessitent, peut être plus que les autres classiques, des connaissances de la culture chinoise, notamment dans les épisodes fantaisistes.
L'ouvrage aborde tout autant des concepts taoïstes, confuciannistes et d'autres approches plus à part. On note également des parties du texte décrivant nettement plus les formes d'apprentissages correctes de différentes techniques (comme le tir à l'arc ou l'équitation) dans un style quelque peu déconcertant, à la manière des enseignants taoïstes et du bouddhisme tchan.

Beaucoup plus que ses prédécesseurs, l'ouvrage s'avère complet, presque une synthèse des savoirs des différentes saveurs spirituelles de la Chine. Dans la version que j'ai lu, les huit chapitres révèlent particulièrement cet aspect complet : Présages Célestes, L'empereur Jaune, le Roi Mu des Zhou, Confucius, Questions de Tang, Nature et Destin, Yang Zhu, Discours sur les contrats.
Par exemple, Confucius et Yang Zhou peuvent être considérés comme des facettes opposées chez les philosophes chinois car ils ont deux approches qui se confrontent, même si il ne reste plus beaucoup de traces des travaux de Yang Zhou.
De même, la construction des chapitres ne semble pas anodines puisqu'elle s'effectue selon la chronologie de la Chine, partant des choses anciennes tel que les présages célestes, et ensuite remontant le temps de l'empereur jaune jusqu'à Yang Zhu...


Mais ceci n'est qu'une introduction à la richesse des courants spirituels de la Chine, dont l'intérêt pour sa culture et son histoire sont nécessaires pour en comprendre toutes les analogies. Je travaillerais donc prochainement à continuer la rédaction de quelques articles concernant ces chinoiseries...
Ainsi, le taoïsme pourra être abordé un peu plus en détails après cette revue sommaire des principaux éléments. Non pas que le taoïsme ai nécessairement besoin de toutes ces fioritures, mais j'aime replacé les choses dans leur contexte.

Dams

Ps : Cet article et la bibliographie sont dédicacés à Olga, il se reconnaitra... De plus, les changements d'Overblog (merci les gars...) m'obligent à changer les codes CSS du blog sinon la présentation ne marche plus. Je vais donc devoir m'atteler à la tâche et faire une nouvelle présentation... En attendant, le look restera plutôt sommaire.


Bibliographie :

- Pour les personnages historiques, Wikipédia est ton ami !

- Tao te King, Lao tseu. Editions Albin Michel - Collection Spiritualités vivantes.

- Aphorismes et Paraboles, Tchouang Tseu. Editions Albin Michel - Collection Spiritualités vivantes.

- Entretiens de Confucius, Anne Cheng. Editions Points - Collection Sagesse.

- Traité du vide parfait, Lie Tseu. Albin Michel - Collection Spiritualités vivantes.
Par Dams - Publié dans : Taoïsme
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 18:49
"Le tonnerre est impressionnant,
mais c'est l'éclair qui est important"
(Mark Twain)


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Toujours dans le cadre de la série sur l'essentiel, nous abordons maintenant le thème de l'unité. J'aborderais celui-ci sous plusieurs angles mais dès le début je parlerais d'une seule et même chose, fragmentée pour en saisir plus facilement les différents aspects.
Les inspirations de l'article sont bouddhistes, Taoïstes mais également une approche particulière basée sur des écrivains plus récents.

Unité de la personnalité.
Nous commençons par une approche que l'on pourrait qualifier de purement psychologique. Cependant, elle dépasse de loin les concepts de celle-ci puisque sa prise en compte touche au final tous les domaines.
Lorsque nous débutons notre parcours sur la voie (A-t-il jamais eu un commencement ?), il n'est pas évident de comprendre que nous sommes des êtres fragmentés, de véritables skizophrènes ambulants.

Ces thèmes ont bien été mis en avant dans notre société moderne par le fait de jouer plusieurs rôles, celui d'enfant ou de parent, d'élève ou de professeur, d'ami ou d'amant. Cela nous amène à nous comporter différemment dans les situations, adapter notre manière d'être, notre langage et même parfois nos références. C'est presque une nécessité dans une société où règne un véritable melting pot de cultures, d'éducation et de milieux différents, jusqu'au point où l'on ne sache parfois pas sur quel pied danser.

Cela ne fait pour autant pas tellement avancer notre problème puisqu'il ne se situe pas dans le fait de jouer différents rôles mais bien dans la croyance en la réalité de ceux-ci. La plupart du temps, tellement investit dans le fait d'incarner ces rôles, on en oublie qu'ils ne sont que des jeux d'acteurs et non des mises en scènes servant à représenter ce que nous sommes. Passer de l'ignorance à une prise de conscience de ces différents rôles permet de mieux gérer nos réactions et d'avoir un autre regard sur la portée de nos actions.
Ces actions ne sont pas là pour nous définir. Elles existent par et pour les interactions qui appellent leur nécessité. Vous réagissez alors à la situation puisque intuitivement (peut être même instinctivement), vous pensez que celle-ci requière une réaction de votre part, une prise de partie et un positionnement. Dans ce cas, vous répondez non pas de la façon que est nécessairement la plus adaptée et la meilleure mais vous répondez dans le cadre de ce qui semble le mieux convenir à représenter ce qui vous défini.

Il y a de fait une constante skizophrénique dans votre comportement. Puisque votre réaction dépendra plus de la définition instinctive de vous même que d'une action correspondant au plus près à la situation.
C'est un énorme paradoxe que d'agir suivant son rôle et son étiquette en croyant agir conformément à ceux-ci, et d'agir suivant la situation, ce qui nous amènera à des actions parfois contradictoires avec la définition de nous-même.
Agir par rapport à son rôle ou la volonté de se définir provoque constamment la scission de l'individu en des personnalités multiples et créé ainsi de multiples incohérences. Ces incohérences ont une fâcheuse tendance à devenir elles-même des névroses ou provoquer des attitudes de remords et de culpabilité, renforçant le contexte des situations à venir, provoquant anticipation et stress, idée de gain ou de perte...

Lorsque l'on recherche l'unité, on tend à agir suivant la situation. L'incarnation des rôles devient alors un jeu d'acteur dont on sortira si la situation l'exige. Nous n'avons rien à définir de nous-même aux autres. Les situations peuvent être paradoxales si nous suivons les différents rôles que nous interprétons, mais au final, c'est une personnalité unifiée qui se trouve à la base de tout ceci. C'est ce qui change fondamentalement la nature des actions.
Les paradoxes dérangent ceux qui tentent de définir la nature d'une personne, de poser des éléments stables sur sa personnalité. En sortant des habitudes de répondre à ce genre de besoin émanant des autres, nous pouvons retrouver cette unité, unité se révélant entre autre par l'absence de croyance en un soi persistant et éternel.

On place parfois des méthodes habiles pour aider les gens à sortir des situations de définition d'eux-même. Les voeux dans le bouddhisme Zen en sont un, même si cela comporte le risque inhérent d'une identification à ces voeux et à un rôle de moine. Certains les prennent pour essayer de changer leur définition d'eux-même, ce qui peut finir par un rejet des voeux. Mais ces voeux mettent en évidence un moyen d'unifier les personnalités par l'action. Les personnalités fragmentées provoquent des paroles désordonnées et des actions incohérentes. Une tentative d'agir sur ces personnalités pour les unifier passe par une prise de conscience dans les actes. Penser une chose et faire l'inverse nous montre souvent l'étendue du chemin à parcourir pour unifier...
On ne recherche pas la perfection à tout prix mais bien à réduire les incohérences d'une façon régulière et sans efforts démesurés, à la manière de l'érosion sur la roche.


Unité du corps et de l'esprit.
Comme je l'ai déjà dis dans ce blog, l'approche bouddhiste concernant le corps et l'esprit est qu'ils ne sont pas deux choses distinctes. Il y a un corps-esprit, formule assez simple pour désigner une entité et fonctionnement difficile à cerner. Mais les bouddhistes n'ont évidemment pas été les seuls à parler de cette absence de dissociation et de la nécessité de sortir d'une approche où le mental dominerait le corps.

On peut s'intéresser ainsi à la branche de la psychologie expérimentale nommée la Psychophysique, apparue en 1860, et définie comme l'étude des relations entre les stimuli et les sensations. Son instigateur, Fechner, souhaitait mettre en avant scientifiquement les relations de dépendance entre le corps et l'esprit. Il suivait là une intuition selon laquelle la matière et l'esprit ne sont qu'une même réalité...
La conviction d'une unité entre la matière et l'esprit tend justement à ne plus se voir dissocié de son propre corps, mais également de l'univers autour de nous. La Skizophrénie engendrée par une scission entre notre esprit et le reste s'avère être l'un des plus gros blocage concernant une prise de conscience de la réalité puisque, dans une approche dualiste corps/esprit, nous accordons malgré nous l'importance première à nos pensées. Nous leur donnons une légitimité prédominante à nous dire ce qu'est la réalité, alors que logiquement ce sont les stimuli qui devraient tendre à nous donner cette réalité.
Entre les deux côtés (prédominance de l'esprit ou à l'inverse du matériel) existent justement le chemin d'une unité du corps-esprit.

Cette unité, j'ai pu la retrouver chez deux autres auteurs qui ont mis à mon sens en avant le caractère indivisible du corps-esprit. Ceux-ci semblent avoir eu l'inspiration psychophysique dans leur approche et mettent en lumière des axiomes élémentaires de cette unité.

nla.pic-an22676564-v.jpg F.M. Alexander, après avoir eu des problèmes de voix lorsqu'il pratiquait des récitations dont aucun médecin n'arrivait à lui fournir un bon remède, a effectué des recherches personnelles. Il a procédé minutieusement durant de longs mois à des observations de ses attitudes corporelles lorsqu'il récitait. Il s'est aperçu de nombreuses mauvaises habitudes qui semblaient être à l'origine de ses extinctions de voix et maux de gorge après ou durant ses récitations...
Cependant, au fil du temps, ses essais de rectification l'amenaient à d'autres constatations. Si au départ, sa position de tête semblait être la cause de son mal, il s'aperçut progressivement que les causes étaient diverses et nombreuses, la répartition de son poids sur les jambes, sa colonne vertébrale et du coup son équilibre.
Alexander a mis en avant deux choses importantes : Nous n'avons pas une conscience précise de notre corps, de sa position, de nos attitudes et de nos tensions. La seconde est que même lorsque nous essayons de réajuster, la perception que nous avons de notre propre corps est faussée. Sa technique est censée permettre d'agir sans tensions.
Sans nécessairement le savoir, Alexander réactualise des méthodes du bouddhisme et notamment celle du Tchan.

huxley.jpgNotre second personnage s'appelle Aldous Huxley, auteur de Brave new world (le meilleur des mondes). Huxley s'est intéresse à la psychophysique du fait de problèmes de vision dans son enfance. Il a écrit sur le sujet concernant la lecture sans lunettes, lui qui était proche d'être aveugle a réussi à retrouver une niveau de vision lui permettant de lire des livres. Huxley a mis en avant dans cet ouvrage une approche suivant laquelle l'état de tension des globes oculaires semblaient être responsable de la détérioration de ceux-ci, ou de l'absence d'auto-guérison des organes de la vue. Là encore, il met en lumière que les mécanismes de la vue sont intrinsèquement associés à des attitudes mentales, comme par exemple le réflexe de tension lors d'une source lumineuse ou la diminution de la mobilité du regard, qui sont associés à l'existence d'une inertie mentale, de tensions provenant de peurs.

J'ai personnellement l'habitude d'accorder beaucoup d'attention aux yeux des personnes pour me renseigner sur leur attitude psychologique, un regard vague ayant tendance à signifier certaines choses, un regard fixe autre chose... Les travaux sur la gestion mentale réalisée dans les années 70, mettaient également en avant l'intérêt de la position des yeux lors d'évocation de souvenirs et d'efforts de remémoration. Dans ces cas, l'activité oculaire me semble révélatrice des états d'esprits, de l'attitude intérieure de la personne.
La même chose peut être observé sur d'autres parties du corps. Des exercices de Taichi chuan apprennent à discerner et sentir les tensions chez l'autre. La pratique du Qi gong et du Taichi sont révélatrice également de l'inaptitude des gens, lorsqu'ils n'ont aucun entraînement, à ne pas arriver à situer intuitivement les parties de leur corps (mettre les mains pile au-dessus de la tête). Ces attitudes physiques ont pour moi des liens très étroits avec le psychisme de l'individu, notamment dans le cadre du stress et des angoisses.


Unité Individualité-Univers.
Mais Huxley a poussé ses réflexions plus en avant. Ainsi, dans les portes de la perception, il relate par écrit une expérience de prise de mescaline. La Mescaline est censée être à l'état naturelle dans le Peyolt, les fleurs de cactus que prennent les chamanes mexicains. C'est un psychotrope considéré par les chamanes comme une plante médecine (elle ne produit pas de dépendance physique et peut être utilisée pour stopper des conduites addictives comme l'alcoolisme) ou de connaissance (état de conscience modifié).

L'expérience s'avère intéressante puisque Huxley était un écrivain doté d'un intérêt profond pour la spiritualité et avait étudié de nombreuses cultures en ce sens. Ainsi, il établit des ponts entre son expérience sous Mescaline et les principes de la spiritualité bouddhique, taoïste, indienne et chrétienne.
Pour moi, le plus important d'entre eux s'avère être la vision du monde qu'il possède durant son expérience. Huxley a la nette impression de percevoir tout ce qui l'entoure, même les objets, par plus vivant que d'habitude puisqu'il perçoit leur non-soi. Chaque être vivant et chaque être non-vivant, les éléments de l'univers, sont alors perçus comme n'ayant pas de soi mais dégageant une impression de vitalité de fait beaucoup plus forte.

En fait, son expérience pourrait porter à verbaliser notre perception des choses comme tronquée d'une partie de sa réalité et de sa vitalité. Cette partie manquante serait encore et toujours une approche duelle, celle qui consiste à appliquer la même croyance que nous avons sur nous-même (l'existence d'un noyaux persistant, même lorsqu'il serait séparé de son contexte) sur tout l'univers qui nous entoure.

L'ignorance de cette partie fondamentale de l'univers que rien n'existe séparé de son contexte et donc du reste de l'univers, ne nous permet pas de nous sentir lié à ce qui nous entoure et donc d'y porter notre attention. Et puisque nous ne portons pas d'attention à tout ceci, nous ne pouvons réaliser le caractère profondément unifié de l'univers dans lequel nous vivons. Nous ne pouvons pas non plus développé les qualités comme la compassion puisque, sur le postulat a-priori que chaque chose possède sa propre individualité, nous n'estimons pas avoir pour rôle de faire attention à ce qui nous entoure, d'essayer de ressentir leur essence (le non-soi), d'ouvrir nos perceptions et développer naturellement notre empathie à l'égard de tout cet univers, qui est à l'image de nous-même.



Cette recherche d'unité des trois parties (Personnalité, Corps-esprit, Individu-Univers) s'exprime comme un travail global, nécessairement holistique. C'est en quelque sorte une écologie globale. Le Bouddha était un écologiste avant-gardiste si l'on prend la définition de l'écologie comme étant "la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence" (Wikipédia - Haekel). Toute son approche est une étude des relations entre les différentes parties de notre organisme, mais également des relations entre ces parties et l'environnement. Tout le travail consiste à recréer ces infinités de liens vis-à-vis de nous-même, en nous-même et avec ce qui nous entoure. Il faut cesser d'utiliser notre énergie à nous crisper sur l'envie de nous scinder de nous-même et de notre monde. On ne se perd pas dans l'unité, on se retrouve.

Dams.


Bibliographie :

- L'usage de soir, sa direction consciente en relation avec le diagnostic, F.M. Alexander. Edition ContreDanse.
- Les portes de la perception, Aldous Huxley. Edition 10|18.
- L'art de voir, lire sans lunettes grâce à la méthode Bates, Aldous Huxley. Edition Payot.
Par Dams - Publié dans : Reflexions
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