Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 16:07
"L'essentiel dans l'éducation,
Ce n'est pas la doctrine enseignée,
C'est l'éveil"
(Ernest Renan)

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L'essentiel, un mot qui pourrait colporter une certaine poésie mêlée d'un sens pratique. Désigner ce qu'il reste de plus important lorsque l'on a enlevé le superflu. C'est cela l'essentiel.
Mais l'essentiel pourrait constituer toutes les petites choses si importantes que pourtant personne ne nous a enseigné. Des détails fondamentaux quie nous avons appris par nous même, bien souvent inconsciemment, et qui possèdent pourtant une grande action ce toutes les pratiques que nous entreprenons autour.

Si l'essentiel ne s'apprend pas, nous pouvons cependant à chaque instant y revenir, reprendre des éléments les plus simples comme si l'on se rendait compte de leur richesse. Cela peut constituer des actions simples telle que la vision ou la respiration et également des approches plus globales comme le relâchement ou la souplesse.

Mais toute ces choses allant de soi et essentielles sont-elles vraiment maîtrisées ? Sur quoi agissent-elles ?
Je vais débuter ce qui ressemble à une série d'article sur le thème de l'essentiel par l'étude des 5 sens.

LES 5 SENS.
Nous ne fixons que peu notre attention sur nos 5 sens alors qu'ils constituent pourtant l'essentiel de notre perception de la réalité extérieure. Mais pour porter cette attention, il nous faut prendre note des liens particuliers entre notre mental et ses 5 sens.

Lorsque nous prêtons attention à ces liens, on peut se rendre compte que toutes nos structures mentales s'avèrent constituées des informations recueillies puis traitées par le cerveau. En fait, on peut dire que toutes nos pensées ont pour substrat les informations sensorielles. Cela signifie plusieurs choses :
Premièrement, que nos pensées prennent nécessairement toutes leur sources à l'extérieur et ne sont pas auto-produites par notre mental.
En second lieu que notre mental se construira sur les éléments sensoriels qu'il a à sa disposition et produire une réponse non pas à ce qui est mais à ce qu'il a reçu.
En troisième lieu, que le fonctionnement mental traitera les informations suivant des bases invariables qui sont en général une indivision de l'extérieur et de l'intérieur par inattention envers les systèmes intermédiaires (les sens).

Dans ce cadre, il est alors nécessaire de prendre conscience de ses 5 sens pour prendre conscience d'une partie de la réalité à laquelle nous ne faisions nullement attention, un peu comme la personne qui cherche ses lunettes alors qu'il les a sur le nez...
Ici, c'est la même chose. L'essentiel ne correspond pas tant à vos facultés sensorielles qu'aux informations qui existent à l'état latent. Nous serons bien d'accord qu'une personne vue par quelqu'un qui possède une déficience visuelle et une autre n'en possédant pas est, dans les deux cas, similaire. C'est la perception de l'un et l'autre qui la rendra floue aux yeux de l'un et nette aux yeux de l'autre.

Cela ne toucherait pas au but si l'on s'arrêtait là puisque nous sommes encore dans une problématique particulière. Nous portons toujours plus notre attention sur le but visé que sur les moyens que nous utilisons pour y arriver.
Un exemple courant dans notre société actuelle se base notamment sur la vision. Notre but est toujours le même, voir ce que nous avons devant nous, voir des lettres, et cela sans étudier la chaîne de perception (objet à percevoir, organe sensoriel, cerveau). La solution apparaît dans ce cas directement, il faut des lunettes pour corriger la chaîne entre l'organe sensoriel et l'objet perçu, et nous oublions de fait tout le reste de la chaîne comme si cela n'avait aucune importance pour la vue. Même dans le cadre d'un port de lunettes, l'organe sensoriel est négligé puisqu'on en déduit directement qu'il est défectueux et que ceci est irréversible.

La vue ne se limite cependant pas à cela, il faut également s'intéresser à l'organe lui-même et le traitement de l'information par le cerveau.

S'intéresser à l'organe lui-même, c'est se rendre compte des mécanismes de l'oeil. C'est se rendre compte que l'oeil, comme la plupart des autres parties de notre corps, possède un fonctionnement optimal lorsqu'il est détendu et que sa sollicitation doit être périodique et non constante.
Ces approches sont connus dans les domaines ésotériques, chamanique et de l'hypnose puisque les états hypnotiques et de transes sont en général induit notamment par une tension plus ou moins extrême des yeux, ou à l'inverse un état de fatigue provoqué par une tension soutenue. Mais curieusement, des professionnels de l'oeil ne tiennent pas compte de ces facteurs qui sont pourtant essentiels.

S'intéresser au traitement mental de l'information visuelle s'avère tout aussi important puisque si l'information n'est pas traitée correctement, alors les associations ne peuvent se faire. La mémorisation des éléments visuels s'avère par exemple importante pour faciliter la vision envers les objets connus et participer à une détente visuelle.
Là encore, on connaît ces techniques dans les domaines alternatifs où l'on utilise beaucoup la visualisation par exemple. Les approches mnémotechniques vont également utiliser beaucoup les associations visuelles pour accroître la mémoire.
Aborder uniquement la vue n'est pas suffisant car les autres sens peuvent également être tout aussi poussés. De plus, il est également évident que les 5 sens s'entremêlent, ce qui rend d'autant plus intéressant de s'intéresser à eux.

On dit souvent du sens de l'odorat qu'il s'associe à d'autres souvenirs, le parfum d'une femme nous rappelle la douceur de ses cheveux ou le grain de sa peau, les odeurs de lait pour bébé nous remémore des souvenirs de bambins et des cris de bébé etc...
Le nez perçoit des choses souvent très éphémères, une odeur dans la rue qui a déjà disparu à la seconde respiration où l'on pensait retrouver cette senteur par exemple. Et du coup, ces associations sensorielles pour se souvenir s'avèrent importantes pour se constituer une banque de donnée olfactive et refaire l'association en sens inverse. L'odorat peut s'affiner notamment en affinant donc les associations mais également en apprenant les meilleurs techniques pour capter les odeurs, non pas forcement en reniflant comme un chien (enfin moi je le fais car ça me fait rire... bref passons) mais peut être plus en ayant une inspiration nasale particulière et douce (donc détendue), suivie d'une expiration par la bouche.

Le toucher ne doit pareillement pas ce limiter à une mise en contact mais qui semble parfois plus se rapprocher de ce même contact visuel que vraiment s'apparentant à toucher quelqu'un (ou quelque chose).
Le toucher est un échange d'information entre deux éléments, lorsque l'on touche une personne, il y a un don d'information autant qu'une réception. En fait, le don altère lui-même la qualité de l'information reçue. Par exemple, un effleurement fera plus l'effet d'une caresse pour l'autre et donnera des informations sur la douceur de la peau. Un toucher plus appuyé sera plus à même de renseigner sur l'élasticité ou la fermeté des tissus et l'autre percevra plus celui-ci comme une palpation ou un massage. Un pincement peut paraître agressif ou câlin et il peut renseigner sur une composition des tissus (muscles, graisse...) et leur tonicité.
Là également, il y a association dans le mental avec d'autres sens, notamment le visuel qui a tendance à prédominer. Ainsi de nombreuses représentations spatiales passent par la vue, à laquelle on accorde ensuite le toucher (notamment le fait de taper sur un clavier où il y a clairement le fonctionnement du visuel de la touche associé à un mouvement des doigts sur un espace précis. Alors que l'on pourrait peut être faire des claviers en braille où le doigt serait à même de reconnaître la bonne touche par le toucher et non par la vision et la représentation mentale).

Le goût est tout aussi intéressant lorsque l'on s'y intéresse puisqu'on va l'associer encore une fois à un sens visuel. Lorsque je veux me souvenir du goût des haricots, je passe d'abord pour ma part par une image du haricot. Si je développe plus mon souvenir, je pourrais élargir le souvenir aux zones particulières que le haricot fait travailler dans ma bouche, si il me fait plus saliver ou pas.
Beaucoup de personnes (dont moi) sommes occupés à d'autres choses lorsque l'on mange. Cela n'est pas fait pour apprécier la nourriture et épanouir notre sens du goût. En remettant notre attention sur les aliments, on est plus à même de faire travailler notre façon de percevoir les goûts (par une mastication plus importante ou du fait de laisser l'aliment sur la langue un instant par exemple) et, là encore, d'effectuer le maximum d'associations mentales de ce goût à un objet visuel mais également en lien avec l'odorat.
A regarder la télévision et à parler lors des repas, ce n'est pas une simple attention qui n'est pas mise dans la bonne action, c'est notre alimentation elle-même qui s'appauvrie par le simple fait de cette absence de conscience.
Le moyen le plus radicale de rétablir un minimum de goût se retrouve dans le fait de saler ou sucrer trop les aliments, histoire d'en faire ressortir un goût facilement identifiable sans avoir travailler notre attention ou épanouie notre sens du goût...
Notre alimentation dépendrait-elle pour une part de l'épanouissement de notre sens du goût ? Pour moi c'est le cas, si l'on s'intéresse à ce que l'on goûte (et donc mange), cela s'accompagnera alors d'une curiosité au goût et d'une envie d'élargir notre palette de goûts, au lieu de la restreindre. D'une curiosité à la préparation des plats au lieu d'une approche expéditive.

L'ouïe peut être le dernier sens que je cite, mais pas le moins solliciter dans une société où nous sommes entourés constamment de bruits parasites, dont on a tendance à se protéger par d'autres sources sonores que l'on superpose à ces bruits (musique, télévision...). Lorsque je vois des adolescents que le silence dérange, il y a peut être un soucis.
Les informations sonores sont aujourd'hui devenues soit de la pollution sonore (bruit des voitures, sonneries de téléphones, radio et musique dans chaque commerce...) ou un élément d'isolation sensorielle (mp3 aux oreilles). Heureusement, pour d'autres cela s'exprime par une écoute attentive de musiques choisies consciemment ou de l'écoute des bruits de la nature.
Là encore, notre attention ne se porte pas nécessairement sur ce que nous entendons car nous nous sommes habitués à subir comme des nuisances sonores, qui s'avèrent fatiguantes. Si l'on y prête attention, on peut vite se rendre compte qu'il y a une saturation d'informations sonores dont il est difficile de se prémunir à part de s'y habituer, perdant du même coup de nombreuses subtilité sonores et l'intérêt du détails. Pourtant, ce sont bien également les informations sonores qui créent un univers riche en s'associant aux autres éléments sensoriels. Lorsque je me souviens d'un lieu, j'associe l'image de ce lieu à l'odeur et également à la musique que j'y ai entendue, aux discussions ou à différents bruits qui peuvent y être liés. Par exemple, je me rappelle de ma visite au louvre par les bruits de conversations mais aussi ce bruit particulier des chaussures accrochant légèrement sur les pavés, ce crissement pas très agréable et d'un silence sourd parfois.
On peut s'entraîner là-aussi à avoir une sorte de détente dans l'audition. Le fait par exemple d'écouter les même musiques conditionne notre ouïe. Le fait de sons toujours nouveaux nous apprend à avoir une attention ouverte et détendue à ce que nous entendons, améliorant également de fait la qualité de mémorisation de ce que nous entendons. L'attention portée sur l'ouïe peut également vous permettre de prendre conscience de tous les petits bruits parasites existants, en provenance des objets électriques (pc, chargeurs, réfrigérateurs...) qui produisent une trame sonore ininterrompue (jour et nuit) pouvant être à l'origine de tensions physiques et mentales.



Les Taoïstes mettent souvent en avant le fait qu'une personne fasse du bruit ou pas, notamment lors de ses mouvements et déplacements. En Zazen, l'accent est mis également sur le fait de respirer silencieusement. Cela peut paraître un peu forcé d'aspirer à avoir une attitude silencieuse mais il est vrai que le bruit que l'on produit est d'une grande importance dans le monde sonore et donc dans le monde lui-même.
Prend conscience de l'importance des sons c'est se rendre compte de leur portée bénéfique ou à l'inverse nuisible. Etre attentif au monde sonore que nous restitue notre ouïe, c'est devenir attentif à cet échange sonore entre le monde et nous-même. Bien entendu, cet échange entre nous et le monde se réfère aux 5 sens.

Votre physique, votre habillement et maquillage donneront une image visuelle de vous-même aux autres. A vous d'en être conscient (beaucoup de gens le sont je crois sur ce point) et de choisir l'image que vous souhaitez renvoyer, les réactions que vous souhaitez susciter, puisque cela provoque toujours une réaction d'après les informations visuelles que vous allez donner.
On peut voir cela au choix de la couleur des vêtements en ésotérisme par rapport aux éléments associés à une couleur particulière.

Olfactivement, vous choisissez  votre parfum et déodorant (si cher à nos sociétés modernes) selon vos goûts mais surtout selon l'image que cette senteur va renvoyer, si elle s'accorde bien avec vous et suivant les expériences associées à ces parfums. Mais l'affinement de l'odorat est-il propice à l'utilisation intempestive de parfums ? On dit des huiles essentielles qu'elles peuvent être diffusées aussi bien pour parfumer que pour avoir des vertues thérapeutiques.

Le toucher ne déroge pas à la règle puisque la qualité du toucher est important dans la relation aux autres. On dit d'une poignée de main qu'elle peut renseigner l'autre sur votre personne. Mais le toucher passe autant par la prise de conscience du contact avec l'autre (ou même avec un objet) que de la prise en main de son propre corps et les activités permettant de se sentir bien avec ce corps (arts martiaux, danse, activités physiques), de voir ses limites et de comprendre où se situe son bien être.

Le goût a été abordé plus haut en rapport avec les aliments et la cuisine mais il s'étend également à un indicateur de ce qui peut être bon pour notre corps une fois que l'on s'intéresse de nouveau à ce sens. Lorsque l'on réduit l'accoutumance à la surcharge de sucre et de sel dans les aliments, on peut de nouveau s'ouvrir à des goûts plus particuliers et à réinterpréter la notion que l'on en a pour en agrémenter nos plats par ce biais (épices et plantes). Nos propres capacités à être attentif au goût (qui dépasse le simple cadre des informations des papilles puisque la langue possède elle aussi assurément un lien avec le sens du toucher) pourrait nous amener également à des informations sur notre propre état de santé.

En conclusion de l'approche des 5 sens, il m'apparaît évident que la reprise en main et la compréhension de notre système sensoriel, peut nous amender à avoir des informations beaucoup plus fines que ce que nous croyons.
Le fait d'en prendre soin (tout comme de son corps) permet de développer une compassion envers ses sens et donc soi-même et nous permettre de nous diriger vers une détente et un apaisement des sens.

Bonnes fêtes à tous !

Dams
Par Dams - Publié dans : Reflexions
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 14:00
"Si un dinosaure peut éventuellement devenir un oiseau-mouche,
Alors tous les espoirs sont permis."
(Ronald Wright - Chroniques des jours à venir)




Il n'y a pas très longtemps, j'ai lu que des gens croyaient encore que la terre était plate et que toute ces histoires sur une planète ronde n'était qu'une vaste conspiration. J'ai lu également que certains croyaient que Jesus avait vécu à l'époque des dinosaures. Parfois, des idées que vous n'auriez pas cru exister sont encore présente aujourd'hui. Cela arrive sur n'importe quel sujet et toutes les cultures spirituelles n'échappent pas à ce genre de choses, la science également. Parfois on a une tendance à vouloir trouver des choses sur lesquelles se reposer, même si elles peuvent paraître absurde à tous. Il apparaît alors nécessaire, régulièrement, de revenir sur des conceptions pour les ré-étudier et les soumettre à nouveau à notre réflexion, histoire d'être sûr de nos fondements concernant notre recherche.

J'ai choisi de prendre l'image des dinosaures car ce sont des créatures dont j'étais très friand lorsque j'étais petit (autant dans la collection de squelette en bois que friand au sens propre ou je mâchouillais le cou d'un brontosaure en plastique acheté dans parc sur les dinosaures... mais j'y peux rien, il avait un super bon goût de fraise !). Et je crois que maintenant j'aime avec la même vision d'enfant les représentations du bouddhisme. Chacun ses dinosaures d'abord !

Gautama le dinosaure.
Dans le bouddhisme, on a tendance à dire que l'on suit la voie du bouddha. Cela est une conception qui ne signifie pas que c'est nécessairement le chemin que Bouddha a parcouru. On ne cherche d'ailleurs pas spécifiquement à imitier le parcours du bouddha, même si dans un certains sens, on suit la même démarche que lui.

Une démarche ? La démarche du bouddha n'est-elle pas de pratiquer la méditation et réciter les sûtras ?
La démarche du bouddha que vous êtes, peut être. Mais celle du Bouddha Gautama ne devait sûrement pas ressembler à cela.

Tout d'abord, on dit de Bouddha qu'il a suivit de nombreuses traditions hindoues et pris des enseignements auprès de différents maîtres de Yoga, puis expérimenté avec des confrères l'état d'ascèse pour finalement avoir un déclic après s'être assis dans une position de Yoga qu'il connaissait bien, celle du lotus, tranquillement.
Il a en fait étudié et est allé le plus loin qu'il pouvait des les traditions ésotériques et spirituelles de l'Inde dans laquelle il vivait. Évidemment, cela ne pourra plus se faire, à l'heure où les réseaux de communications et l'ouverture des différents peuples les uns aux autres, en regard du nombre incommensurable de traditions spirituelles auxquelles nous avons accès (au-delà de leur validité ou non).
Mais je ne suis pas le premier à avoir arpenter d'autres aspects spirituels ou/et ésotériques avant d'être arrivé au bouddhisme zen. Bouddha ne l'était pas non plus avant d'atteindre son fameux éveil.

Lorsque l'on se réfère aux traditions antérieures au bouddhisme, les Yogas, le Brahmanisme et autres courants, il est étonnant pour nous de retrouver des concepts qui sont très présents dans le Bouddhisme. Certes, Gautama, à son époque, s'est élevé contre les concepts de l'âme, où plutôt à voulu réactualiser certains éléments. Mais il n'a rien inventé, son chemin l'a conduit à renouveler des connaissances qu'il avait déjà et à aller au-delà, les réactualiser.
Bouddha était quelqu'un dont on dit qu'il s'est posé des questions et il a été au bout de son monde pour trouver les réponses. A-t-il arrêté pour autant ce qu'il faisait ? Non, Il a continué encore et encore à pratiquer en parcourant et en enseignant. Dans ce cadre, l'enseignement est une continuité d'une recherche personnelle, une continuité de recherche de compréhension mais inversée par son approche, on ne cherche plus un savoir, on estime presque construire ou produire un savoir (par des écrits, des discours...).
Certes, ce qu'il avait découvert semblait difficile à faire partager, mais cela semblait être une raison insuffisante pour qu'il ne le fasse.


L'âge de glace du bouddhisme.

Bouddha était un sage qui a vécu à l'époque des dinosaures assurément. La vie n'était pas la même, la culture, le pays et les modes de pensées étaient différents. Nous pouvons nous inspirer de son parcours mais aucune transposition n'est possible. Notamment pour le fait que le bouddhisme de Bouddha n'est pas le même que celui qui nous est transmis.

Dans son voyage, la voie du bouddha est passée par différentes cultures comme j'en ai déjà parlé, la Chine puis le Japon. Nous avons actuellement la possibilité en France, de nous diriger vers les nombreuses sortes de bouddhisme que nous avons à notre disposition : les lignées Japonaises, Tibétaines, Vietnamiennes ect...
Comme je l'ai encore entendu dernièrement dans un conférence, le bouddhisme s'est structuré autour de structures culturelles avec ses corpus de textes, ses rituels, références et traditions. Nous avons aujourd'hui la chance de pouvoir porter un regard global sur les destinations du bouddhisme et son histoire pour être libre de s'intéresser à des périodes ou des individus précis, remettre en question ce qui semble indubitable. Mais tout comme l'on ne sait pas précisément le "pourquoi" de l'extinction des dinosaures, les raisons d'une structure particulière du bouddhisme doivent parfois être observées.

Dogen, lorsqu'il a amené le bouddhisme au Japon ne parlait alors pas du Zen ou du Chan mais du Dharma-Bouddha, l'enseignement du bouddha. Je ne connais ni son intention, ni ses idées à propos du Chan, mais l'appellation qu'il donnait semblait faire référence à un bouddhisme direct et dépouillé d'attributs encombrants. Derrière la forme existait un bouddhisme vivant capable d'apporter un substrat de la voie. Ce bouddhisme qui, apparemment, ne plaisait pas à l'époque à l'institution cléricale puisque, historiquement, on dit que des moines auraient tenté d'incendier le monastère de Dogen.

Ce que j'ai appris récemment de la bouche de personnes ayant côtoyé Taisen Deshimaru est assez significatif également en ce sens puisqu'il était censé être un pratiquant laïque ordonné moine seulement quelques années avant sa venue en France, sans avoir reçu de transmission. Toujours selon la même source, il aurait alors mis l'accent justement sur la pratique de zazen et non sur les rituels du zen ou une réplique stricte du zen Japonais.

Nishijima est également un maître japonais qui a mis l'accent sur la pratique de zazen et sur le vitalité du bouddhisme, vitalité qui se retrouve dans les transmissions qu'il a pu donner à des occidentaux mais qui se retrouve également dans son engouement apparemment toujours renouvelé pour son travail sur le Shobogenzo.

Ainsi, malgré une cristallisation de bouddhisme en diverses institutions, les atavismes bouddhiques trouvent toujours un moyen d'émerger d'une nouvelle manière.

Il ne faut pas vendre la peau du dinosaure avant de l'avoir tué.
Cette régénération du bouddhisme ne signifie pas pour autant mettre les rituels de côté mais bien de les considérer à leur juste valeur. Si le Bouddha Gautama, à son époque, avait remis en cause les raisons pour lesquelles ont faisait des rituels sacrificiels, ce n'est peut être pas pour retomber dans une pratique irréfléchie d'autre rituels mais bien de les utiliser comme autant de moyens habiles. Ces moyens habiles, ou Upaya, désignent dans le bouddhisme la capacité à trouver le meilleur moyen pour guider l'autre et lui faire passer des choses.

Il y a deux exemples qui me viennent en tête pour expliquer.
Le premier concerne la récitation du sûtra du coeur dans le zen. Ayant depuis le début de ma pratique assisté à deux types de récitation : en Japonais (ou chinois ancien) et en une traduction française faite par Yudo.
L'intérêt d'une récitation consiste entre autre à s'imprégner du texte bien au-delà d'une la simple lecture plus ou moins rapide que l'on fait dans notre vie quotidienne. Se produit évidemment une mémorisation qui permet une compréhension du texte bien différente de l'analyse rapide des sens des mots.
Lorsque l'on récite le sûtra dans une langue que l'on ne comprend pas, c'est comme chanter en bredouillant une musique sans connaître les paroles. Certes, nous avons la sonorité, mais nous ne comprenons pas l'imbrication des paroles avec la mélodie, cela ne nous pénètre pas. Lorsque j'étais plus jeune, j'écoutais les musiques en anglais sans comprendre leur sens. Maintenant, je jubile régulièrement en trouvant que le sens des paroles correspond des fois superbement avec l'ambiance de la musique et tout m'apparaît d'une grande limpidité.
La récitation du sûtra du coeur en Français m'apparaît donc au fil des récitations nettement plus claire que lorsque je le récite en japonais (c'est évident...) mais, mentalement, je deviens également à l'aise et familier avec les principes exposés. C'est cette familiarité à des approches conceptuelles qui permet en un sens des possibilités de compréhension.

Le second exemple est l'utilisation du Kesa. Le vêtement de moine a l'air aujourd'hui d'être quelque chose qui n'a plus lieux d'être dans notre société, vidé de sa substance. Le Kesa est vu comme le vêtement du Dharma dont se revêt symboliquement le moine. C'est une allusion forte puisque l'on s'identifie malgré nous fortement aux vêtements que l'on porte et revêtir celui du Dharma, c'est mettre en une action consciente les voeux prononcés pour devenir moine, ces mêmes voeux qui, répétés constituaient un discours opératif, révélant la force mise dans le verbe, répété et accentué par cette action avec le Kesa.
J'ai eu l'occasion de voir également une autre utilisation du Kesa à laquelle j'ai attribué une autre signification. L'été dernier, Yudo avait demandé aux pratiquants qu'il connaissait de lui envoyer des étoffes de tissus diverses pour qu'il puisse confectionner un Kesa pour Brad Warner lors de sa tournée en Europe.
Le résultat est saisissant ! Une vraie robe de chambre ! Jugez par vous même ici (Brad au centre, mais l'aurez du coup bien reconnu et Yudo juste derrière lui à gauche). Ce que moi je vois dans ce Kesa, c'est plus qu'une robe de chambre mais bien le soutien de pratiquants sincères envers celui qui dirige actuellement l'association Dogen Sangha International, une personne décriée par beaucoup pour son approche du Zen mais envers qui j'ai une grande sympathie et beaucoup de respect. Si lui aussi avait un temple, il aurait sans douté été incendié comme celui de Dogen à son époque... Alors je pense que un Kesa montrant un soutien d'autres enseignants et pratiquants envers le bouddhisme est la démonstration d'une utilisation toute aussi habile du Kesa, même si elle apparaît atypique.


Si le Bouddhisme a survécu jusqu'ici, et je le dis régulièrement, c'est qu'il a sû rester vivant grâce à l'action d'enseignants qui lui inssufle une vitalité toute particulière lors des différentes époques. Le bouddhisme éveillé sait s'adapter, au contraire des dinosaures...


Et pour finir cet article, une vidéo de Brad Warner qui fait office d'une courte présentation de ce personnage, une parfaite illustration du dinosaure qui pour moi a su se transformer en oiseau mouche !



Dams

Par Dams - Publié dans : Bouddhisme
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 16:35
"La beauté des choses existe
dans l'esprit de celui qui les contemple"
(David Hume)


Il y a quelques semaines de cela, j'avais annoncé la mise en place de séances de méditation. Après quelques temps d'organisation, je met en place ces sessions les LUNDI, de 19h30 à 21h à Bordeaux St GENES.
Les personnes intéressées peuvent me contacter par mail ou par téléphone.

Certes, le bouddhisme est présent à Bordeaux et le zen est représenté déjà par au moins un ou deux dojos. Mon but n'est pas de faire concurrence à qui que ce soit mais au contraire de présenter à des personnes intéressées par le bouddhisme un endroit pour débuter ou pour poursuivre leur pratique dans le cadre de la simplicité.
Cette simplicité s'expliquera pour plusieurs raisons :
  • Un Zen Bordelais est une association de fait. Pour un regroupement de cette taille, il n'y a pas besoin d'être déclaré puisque la pratique n'engagera aucun frais associatif et le nombre d'adhérent ne sera sans doute pas très élevé.

  • La pratique n'engage aucun frais (pas de location de local). Il n'y aura donc pas de cotisation pour les personnes souhaitant venir.

  • Il n'y a pas d'engagement à venir à chaque séance même si une pratique régulière est conseillée.

  • Le lieu de pratique intimiste (qui sera mon modeste appartement... au moins chacun est prévenu à l'avance) implique un faible nombre de pratiquants à chaque session, 5-6 au maximum.

  • Comme un slogan publicitaire le dit très bien actuellement : Venez comme vous êtes !
    Aucune tenue réglementaire n'est demandée.

  • Je le répète une nouvelle fois dans cette présentation. Je ne suis pas enseignant. La pratique et les discussions autour du bouddhisme sont donc des conseils et un partage (le cas échéant où j'aurais été enseignant, cela aurait fonctionné de la même manière). Il s'agit de faire partager cette approche (le bouddhisme) et dans cette optique, quelque soit son âge ou son statut, chacun vient pour donner ce qu'il est et recevoir ce que les autre sont dans des échanges mutuels et humains.


Le déroulement d'une séance sera organisée à peu près de la même façon. Deux périodes d'une demie heure de méditation, entrecoupée d'un Kin hin de 10 min. La séance se terminera par la récitation du sûtra du Lotus (sa traduction en français). Après cela, la session pourra se finir par des discussions autour du bouddhisme, dans un cadre amical, ou autour de textes choisis (sûtra par exemple), des conseils sur la pratique, des recommandations (souplesse, étirements)...
Le bouddhisme que je partagerais me vient de Michel Yudo Proulx, avec bien sûr Gudo Wafu Nishijima, Brad Warner. Mes autres influences proviennent également de mes lectures : Eric Rommeluère (un zen occidental), de sûtras (Vilamakirti notamment) ainsi que d'autres lectures bouddhiques (concernant les autres courants bouddhistes) et de la culture Taoïste philosophique (La "triade" des Tseu - comme je l'appelle - Lao Tseu, Tchouang Tseu, Li Tseu ainsi que le Yi King) et énergétique (pratique du Taichi chuan et du Qi gong).

Pour ceux que n'oserait pas venir, au vue du temps de pratique imposé, je reste à votre disposition si vous souhaitez essayer une pratique moins longue (à un autre moment dans la semaine que les sessions), si les horaires ne vous conviennent pas mais que vous êtes intéressé, si vous souhaitez avoir de plus amples explications sur le bouddhisme etc... N'hésitez pas puisque j'offre ce cadre de pratique, comme je l'ai dis plus haut, dans un cadre intimiste car je n'attends que peu de gens.

Enfin, la pratique exige un Zafu (coussin de méditation) et une petite couverture (pour un confort des genoux). N'ayant pour le moment que 2 Zafus et pas nécessairement d'autres couvertures, ramenez les autres pour ceux qui en ont déjà.
Si cela ne suffit pas, je me remettrais à la couture de Zafu (et des couvertures qui vont avec) quand je pourrais !

Dams

Par Dams - Publié dans : Bouddhisme
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