Samedi 2 juin 2007
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18:14
Ce n'est pas un nouveau sujet de réflexion pour moi, le temps. Passé, présent et futur. Ce n'est pas une réflexion récente puisque ce découpage temporel m'a toujours plus ou moins posé un
problème...
On nous fait aborder ces notions temporelles comme des éléments totalement réels de notre vie, comme des faits établis, alors qu'à mon sens ils ne sont que des points de repère (comme nombre de choses) qui nous permettent d'exprimer ce que nous avons fait ou ce que nous allons faire.
Le passé semble la chose la plus réelle pour différentes raisons :
1. On l'associe à des souvenirs de notre vécu, en prenant comme "allant de soit" que nos "souvenirs" (qu'est ce qu'un souvenir ? ... ) sont conformes à une réalité objective.
Cependant, nos souvenirs sont loin d'être fiables et cohérents; non pas que nous ayons une mauvaise mémoire, mais nos souvenirs de faits passés sont des reconstitutions basées sur des données sensorielles et de multiples facteurs inconscients.
Un détails sur la qualité supposée des souvenirs est que la plupart d'entre eux reviennent grâce à des éléments extérieurs, moyens mémo techniques ou déclencheurs liés à des similarités avec le souvenir (une odeur par exemple).
On ne commande pas à volonté notre mémoire de la même manière que chercher des données comme dans un disque dur d'un ordinateur, et tout ce qui touche aux capacités mentales et intellectuelles reste souvent évasif et impalpable car nous ne comprennons pas réellement comment notre cerveau fonctionne...
Nous ne nous basons pas sur une source que possédons directement en lien avec le passé, nous nous basons sur une idée du passé, une idée préconçue que nous rattachons ensuite à un fonctionnement dont nous aurions "la mémoire" et les "souvenirs".
2. L'histoire, qui nous donne des raisons de croire en une ligne temporelle continue.
Les sciences de l'histoire ne valident pas plus la "Réalité" du passé. Même si l'on découvre de nombreuses choses permettant de le reconstituer, le terme employé montre particulièrement le problème : La Reconstitution.
Le problème d'une reconstitution n'est pas le bienfait qu'apporte le fait de pouvoir tenter de reconstituter d'une manière cohérente ce qui a pu être et se passer, mais de notre approche et de notre prise en compte de celle-ci.
Une reconstitution est une "réalité" relative, le mot relative ayant une importance première. Cependant, nous la prenons généralement comme une réalité concrète, ce qu'elle n'est en aucun cas.
Elle n'est pas une réalité concrète puisqu'elle n'est qu'une idée de la réalité, une représentation permettant à notre psychisme de synthétiser une idée cohérente d'un moment ou nous n'étions pas et où nous ne serons jamais.
Certes l'Histoire peut nous aider à comprendre comment nous sommes passé d'un point A à un point B d'une manière pourtant guère précise mais qui jusque ici nous permet de légitimer le monde actuel comme découlant de ce qui a pu se passer auparavant.
Le Futur quand à lui révèle sont existence dans la vie de tous les jours par différents points :
1. La notion de l'heure. Nous avons tous constament l'heure à portée de main (ou d'oeil), elle fait partie intégrante de notre vie.
Mais aussi intégrée à nos vies qu'elle puisse être, l'heure, qui est un outil bien pratique pour permettre à tous les membres de la société, et donc nos sociétés elles-même, de fonctionner plus ou moins harmonieusement ensemble tels des notes sur une partition de musique jouées par un orchestre, n'est finalement qu'un outil dont la réalité ne tient pas compte.
Cette idée de déroulement du temps et donc d'organisation est un outils qui peut très bien être dérivé de nos besoins vitaux cycliques. Actuellement, si nous n'avions pas l'heure, nous serions dans un véritable chaos. Mais la notion d'heure n'est pas extérieure à nous si elle provient de notre fonctionnement vital, elle n'est pas un tic-tac sur une montre ou une horloge, elle exprime juste une conception purement mentale d'un procédé naturel sur lequel nous basons nos structures cycliques de vie.
On se plaint régulièrement d'être en retard, ou on se réjouit d'avoir le temps... Mais la notion de temps en elle-même par rapport à toutes ces horloges n'est qu'un non-sens qui exprime le plus souvent l'extériorisation de nos disharmonies avec nous, de notre volonté inconsciente de refuser d'écouter notre corps...
2. La seconde chose réside dans capacité exceptionnelle de notre psychisme a établir des projections des différents déroulement logiques des éléments que nous connaissons dans le présent.
Constamment, nous analysons, décortiquons, réfléchissons, digérons d'innombrables informations perçues par nos organes sensoriels; notre psychisme les ordonne, établit des connexions entre eux, en rejette certaines autres, fait des associations, établis des symboliques, se réfère aux notions déjà vécues...
Nous ignorons selon moi la capacité de notre cerveau qui à mon sens dépasse largement les limites que l'on veut bien nous faire croire.
Quel rapport avec le temps ? Pour moi, ces innombrables projections sur ce que nous pourrions faire dans le futur , et qui nous éloigne souvent de l'instant ou nous sommes, pourraient très bien être perçues comme un instinct de survie.
On nous répète souvent que nous sommes des animaux. Le propre de l'animal est d'assurer sa survie et ainsi se développe des capacités de survie. Le cerveau et sa capacité à se projeter dans l'avenir, à imaginer le déroulement des choses au-delà de ce que le présent lui apporte est avancé par le fait de notre instinct de survie qui essaie de prévoir, car prévoir aura une tendance non négligeable à augmenter ses chances de survie (stocker les récoltes pour l'hiver, établir des plans pour la chasse, créer des armes et des pièges...).
On pourrait se dire que cet instinct n'a plus lieu d'être aujourd'hui dans nos sociétés actuelles... Mais il pourrait s'avérer que cela soit faux. De nos jours, peut être encore plus que par le passé, l'homme a besoin de sa capacité de prévision et de projection dans l'avenir. La survie ne se fait plus sur la chasse ou la cueillette, la survie se fait sur une promotion calculée, sur la bonne prévision du cours de la bourse, sur un plan de carrière, sur la manière d'aborder les autres, sur notre travaille de commercial et des techniques de vente qui sont élaborées pour piéger le client, sur la création de notre entreprise, la gestion de l'argent et du temps, les assurances en prévision d'un accident probable...
Comment peut-on vivre dans notre société actuelle sans penser à l'avenir ? Sans se projeter en lui ? C'est pour moi quasi-impossible et donc une nécéssité... vitale.
Mais là encore... ne confondons-nous pas un outil mental avec une réalité de vie ? Quelque soit le besoin de se projeter dans l'avenir, nous en avons fait une habitude et même un mode de vie. Nous nous complaisons à nous projeter dans un avenir qui n'existe pas au détriment de l'instant.
On mange en allant au boulot et en pensant au prochain dossier... qui pourrait peut être apporter l'élément manquant à cette augmentation vers un poste plus élevé avec un salaire plus grand, qui pourrait me permettre d'acheter peut être maison etc...
Nous ne sommes plus uniquement dans la projection dans l'avenir par nécessité, mais par besoin de vivre. Et dans ce cas... Comment l'avenir peut-il ne pas être réel ?
C'est ici que j'en reviens à ma notion de concret. L'avenir n'est pas concret car il n'est pas encore réalisé. Il serait assurément totalement absurde de penser que l'avenir n'existe pas, de faire comme si le déroulement des élements présents n'allait jamais se produire.
Une attitude négationniste de l'avenir est une grave erreur. Mais vivre par l'avenir ne l'est pas moins.
Encore une fois, le fait d'une projection dans l'avenir reste un outil très efficace dans nos vies et on ne peut plus nécessaire... Mais nous avons la fâcheuse tendance à prendre les outils pour des Réalités et des Vérités, alors que la réalité reste le fait qu'ils ne sont que des outils et que la vie n'est pas les outils que nous utilisons...
Nous avons toutes les raisons de croire en la temporalité et de nous y fier sans nous poser aucune question puisque nous avons été éduqués ainsi sans mises en garde sur la réalité de ces systèmes.
Il n'est jamais aisé de revenir sur des choses établies depuis... depuis notre venue en ce monde, comme si l'on essayait de remettre en question le fait que nos parents ne sont peut être pas nos parents.
Mais le plus souvent, ce ne sont pas les réponses qui sont introuvables mais les questions qui sont mal posées et auxquelles ils est donc moins évident d'apporter une réponse claire.
Qu'est ce que le temps ? Un accord implicite de l'humanité pour s'organiser, un emploi du temps dont on ne se souvient plus d'ou il provient et qui se révèle peut être être l'expression d'éléments naturels cycliques sur lesquels l'homme a trouvé arrangeant (et profitable...) de se baser.
Sa réalité reste relative puisque essentiellement pratique. Cependant, concrètement, le temps n'a aucune existence et n'est formée que par l'illusion que l'infinité des instants que nous vivons forment une continuité, continuité qui nous arrange puisqu'elle nous permet de nous mentir en partant sur la croyance que nous conservons une individualité inaltérable (ou évoluable si l'on prend une idée temporelle), que nous sommes des entités individuelles, séparées du reste car survivant au temps qui passe (je vis donc j'existe ?).
En réalité, comme le dit Yudo (mon ami dans le Dharma), on peut voir le temps comme une infinité de points sur une droite, une infinité d'instant sur une ligne temporelle, qui nous donne l'illusion que le temps est une droite, une ligne continue...
On nous fait aborder ces notions temporelles comme des éléments totalement réels de notre vie, comme des faits établis, alors qu'à mon sens ils ne sont que des points de repère (comme nombre de choses) qui nous permettent d'exprimer ce que nous avons fait ou ce que nous allons faire.
Le passé semble la chose la plus réelle pour différentes raisons :
1. On l'associe à des souvenirs de notre vécu, en prenant comme "allant de soit" que nos "souvenirs" (qu'est ce qu'un souvenir ? ... ) sont conformes à une réalité objective.
Cependant, nos souvenirs sont loin d'être fiables et cohérents; non pas que nous ayons une mauvaise mémoire, mais nos souvenirs de faits passés sont des reconstitutions basées sur des données sensorielles et de multiples facteurs inconscients.
Un détails sur la qualité supposée des souvenirs est que la plupart d'entre eux reviennent grâce à des éléments extérieurs, moyens mémo techniques ou déclencheurs liés à des similarités avec le souvenir (une odeur par exemple).
On ne commande pas à volonté notre mémoire de la même manière que chercher des données comme dans un disque dur d'un ordinateur, et tout ce qui touche aux capacités mentales et intellectuelles reste souvent évasif et impalpable car nous ne comprennons pas réellement comment notre cerveau fonctionne...
Nous ne nous basons pas sur une source que possédons directement en lien avec le passé, nous nous basons sur une idée du passé, une idée préconçue que nous rattachons ensuite à un fonctionnement dont nous aurions "la mémoire" et les "souvenirs".
2. L'histoire, qui nous donne des raisons de croire en une ligne temporelle continue.
Les sciences de l'histoire ne valident pas plus la "Réalité" du passé. Même si l'on découvre de nombreuses choses permettant de le reconstituer, le terme employé montre particulièrement le problème : La Reconstitution.
Le problème d'une reconstitution n'est pas le bienfait qu'apporte le fait de pouvoir tenter de reconstituter d'une manière cohérente ce qui a pu être et se passer, mais de notre approche et de notre prise en compte de celle-ci.
Une reconstitution est une "réalité" relative, le mot relative ayant une importance première. Cependant, nous la prenons généralement comme une réalité concrète, ce qu'elle n'est en aucun cas.
Elle n'est pas une réalité concrète puisqu'elle n'est qu'une idée de la réalité, une représentation permettant à notre psychisme de synthétiser une idée cohérente d'un moment ou nous n'étions pas et où nous ne serons jamais.
Certes l'Histoire peut nous aider à comprendre comment nous sommes passé d'un point A à un point B d'une manière pourtant guère précise mais qui jusque ici nous permet de légitimer le monde actuel comme découlant de ce qui a pu se passer auparavant.
Le Futur quand à lui révèle sont existence dans la vie de tous les jours par différents points :
1. La notion de l'heure. Nous avons tous constament l'heure à portée de main (ou d'oeil), elle fait partie intégrante de notre vie.
Mais aussi intégrée à nos vies qu'elle puisse être, l'heure, qui est un outil bien pratique pour permettre à tous les membres de la société, et donc nos sociétés elles-même, de fonctionner plus ou moins harmonieusement ensemble tels des notes sur une partition de musique jouées par un orchestre, n'est finalement qu'un outil dont la réalité ne tient pas compte.
Cette idée de déroulement du temps et donc d'organisation est un outils qui peut très bien être dérivé de nos besoins vitaux cycliques. Actuellement, si nous n'avions pas l'heure, nous serions dans un véritable chaos. Mais la notion d'heure n'est pas extérieure à nous si elle provient de notre fonctionnement vital, elle n'est pas un tic-tac sur une montre ou une horloge, elle exprime juste une conception purement mentale d'un procédé naturel sur lequel nous basons nos structures cycliques de vie.
On se plaint régulièrement d'être en retard, ou on se réjouit d'avoir le temps... Mais la notion de temps en elle-même par rapport à toutes ces horloges n'est qu'un non-sens qui exprime le plus souvent l'extériorisation de nos disharmonies avec nous, de notre volonté inconsciente de refuser d'écouter notre corps...
2. La seconde chose réside dans capacité exceptionnelle de notre psychisme a établir des projections des différents déroulement logiques des éléments que nous connaissons dans le présent.
Constamment, nous analysons, décortiquons, réfléchissons, digérons d'innombrables informations perçues par nos organes sensoriels; notre psychisme les ordonne, établit des connexions entre eux, en rejette certaines autres, fait des associations, établis des symboliques, se réfère aux notions déjà vécues...
Nous ignorons selon moi la capacité de notre cerveau qui à mon sens dépasse largement les limites que l'on veut bien nous faire croire.
Quel rapport avec le temps ? Pour moi, ces innombrables projections sur ce que nous pourrions faire dans le futur , et qui nous éloigne souvent de l'instant ou nous sommes, pourraient très bien être perçues comme un instinct de survie.
On nous répète souvent que nous sommes des animaux. Le propre de l'animal est d'assurer sa survie et ainsi se développe des capacités de survie. Le cerveau et sa capacité à se projeter dans l'avenir, à imaginer le déroulement des choses au-delà de ce que le présent lui apporte est avancé par le fait de notre instinct de survie qui essaie de prévoir, car prévoir aura une tendance non négligeable à augmenter ses chances de survie (stocker les récoltes pour l'hiver, établir des plans pour la chasse, créer des armes et des pièges...).
On pourrait se dire que cet instinct n'a plus lieu d'être aujourd'hui dans nos sociétés actuelles... Mais il pourrait s'avérer que cela soit faux. De nos jours, peut être encore plus que par le passé, l'homme a besoin de sa capacité de prévision et de projection dans l'avenir. La survie ne se fait plus sur la chasse ou la cueillette, la survie se fait sur une promotion calculée, sur la bonne prévision du cours de la bourse, sur un plan de carrière, sur la manière d'aborder les autres, sur notre travaille de commercial et des techniques de vente qui sont élaborées pour piéger le client, sur la création de notre entreprise, la gestion de l'argent et du temps, les assurances en prévision d'un accident probable...
Comment peut-on vivre dans notre société actuelle sans penser à l'avenir ? Sans se projeter en lui ? C'est pour moi quasi-impossible et donc une nécéssité... vitale.
Mais là encore... ne confondons-nous pas un outil mental avec une réalité de vie ? Quelque soit le besoin de se projeter dans l'avenir, nous en avons fait une habitude et même un mode de vie. Nous nous complaisons à nous projeter dans un avenir qui n'existe pas au détriment de l'instant.
On mange en allant au boulot et en pensant au prochain dossier... qui pourrait peut être apporter l'élément manquant à cette augmentation vers un poste plus élevé avec un salaire plus grand, qui pourrait me permettre d'acheter peut être maison etc...
Nous ne sommes plus uniquement dans la projection dans l'avenir par nécessité, mais par besoin de vivre. Et dans ce cas... Comment l'avenir peut-il ne pas être réel ?
C'est ici que j'en reviens à ma notion de concret. L'avenir n'est pas concret car il n'est pas encore réalisé. Il serait assurément totalement absurde de penser que l'avenir n'existe pas, de faire comme si le déroulement des élements présents n'allait jamais se produire.
Une attitude négationniste de l'avenir est une grave erreur. Mais vivre par l'avenir ne l'est pas moins.
Encore une fois, le fait d'une projection dans l'avenir reste un outil très efficace dans nos vies et on ne peut plus nécessaire... Mais nous avons la fâcheuse tendance à prendre les outils pour des Réalités et des Vérités, alors que la réalité reste le fait qu'ils ne sont que des outils et que la vie n'est pas les outils que nous utilisons...
Nous avons toutes les raisons de croire en la temporalité et de nous y fier sans nous poser aucune question puisque nous avons été éduqués ainsi sans mises en garde sur la réalité de ces systèmes.
Il n'est jamais aisé de revenir sur des choses établies depuis... depuis notre venue en ce monde, comme si l'on essayait de remettre en question le fait que nos parents ne sont peut être pas nos parents.
Mais le plus souvent, ce ne sont pas les réponses qui sont introuvables mais les questions qui sont mal posées et auxquelles ils est donc moins évident d'apporter une réponse claire.
Qu'est ce que le temps ? Un accord implicite de l'humanité pour s'organiser, un emploi du temps dont on ne se souvient plus d'ou il provient et qui se révèle peut être être l'expression d'éléments naturels cycliques sur lesquels l'homme a trouvé arrangeant (et profitable...) de se baser.
Sa réalité reste relative puisque essentiellement pratique. Cependant, concrètement, le temps n'a aucune existence et n'est formée que par l'illusion que l'infinité des instants que nous vivons forment une continuité, continuité qui nous arrange puisqu'elle nous permet de nous mentir en partant sur la croyance que nous conservons une individualité inaltérable (ou évoluable si l'on prend une idée temporelle), que nous sommes des entités individuelles, séparées du reste car survivant au temps qui passe (je vis donc j'existe ?).
En réalité, comme le dit Yudo (mon ami dans le Dharma), on peut voir le temps comme une infinité de points sur une droite, une infinité d'instant sur une ligne temporelle, qui nous donne l'illusion que le temps est une droite, une ligne continue...